Préparer son voyage
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Blog de alain :

Mission Fidesco à Lubumbashi au Congo (RDC)

Le 28 aoùt 2010 à 00h33
Un peu de repos !


Et, oui, je sais, j'aurais pu mettre à jour ce blog un peu plus tôt. C'est qu'il s'en est passé des choses depuis la dernière mise à jour.


Examens (le retour)

Je vous avais brièvement parlé des examens. Donc, voilà, les examens de première session sont passés. Première session ? Oui, car il y en a une deuxième (logique), en septembre, qu'on pourrait appeler "rattrapages" mais ce n'est pas politiquement correct. Et qui dit examens dit aussi correction, c'est là que c'est moins drôle pour les enseignants. Qu'en dire ? Pour certains examens, les résultats ont été bons, pour d'autres ils étaient hélas moins satisfaisants. On peut aussi faire des statistiques, si on veut, car certaines filières ont mieux réussi que d'autres dans l'ensemble, mais ça veut dire que l'ESIS a aussi une responsabilité dedans.

À la fin des examens et une fois les copies corrigées (laborieusement, il faut le dire), il y a eu les délibérations pour décider quels étudiants étaient admis en première session et lesquels devaient se mettre à réviser pour la seconde session, en septembre. C'est lors de ces délibérations que nous avons pu nous apercevoir qu'une filière battait un peu de l'aile : ça va faire partie du travail de l'administration de revoir le cadre et le programme de cette filière pour que les étudiants réussissent mieux.

Donc, en septembre, on va à nouveau avoir des copies à corriger, mais ils seront déjà moins nombreux. Ouf !


TFC : Travail de Fin de Cycle

Ou encore, TFE pour Travail de Fin d'Études. En G3, les étudiants doivent faire un travail de recherche appliquée dans leur domaine, donc en fonction de leur filière, en choisissant leur propre sujet. Ils y avaient déjà travaillé pendant l'année (théoriquement ça devait débuter en décembre mais il y a eu quelques retards) et pendant leur stage de fin d'étude, pour ceux qui avaient trouvé LE stage, ils ont eu l'occasion de l'appliquer. Et bien entendu, ces TFC ont été évalués, précisément la dernière semaine de juillet. L'évaluation se décomposait en deux parties : la cotation du mémoire remis à l'ESIS, et la note de la défense devant un jury.

J'ai moi-même été membre du jury pour quelques défenses, bien entendu dans la filière Programmation et Bases de Données. J'avais eu l'occasion de suivre, de près ou de loin selon les étudiants, l'évolution de ces travaux, donc ça m'intéressait d'en voir l'aboutissement. Sur les quatre défenses qui ont eu lieu pour cette filière, il y en a eu une où j'étais lecteur, une autre comme co-directeur et enfin directeur pour une dernière. Évidemment, pour des moments officiels comme celui-ci, c'est l'occasion de sortir la veste et la cravate, c'est aussi le seul jour de l'année où j'ai vu mes étudiants sur leur trente-et-un. On sentait le stress chez eux, et la délivrance une fois la défense terminée, car ces quatre étudiants étaient déjà admis en première session. Il ne leur reste qu'à terminer le stage (fin août), une simple modalité, et venir chercher leur diplôme lors de la cérémonie du 2 octobre.
 
Un étudiant en train de faire sa défense de TFC Le jury en face
À gauche, un étudiant de Programmation et Bases de données en pleine défense, et à droite... le jury auquel il doit tenir tête.

Orientation

Comme je vous l'ai dit, l'ESIS offre 4 filières à partir de la deuxième année : Technologie et Réseaux, Programmation et Bases de données, Design et Multimédia, Informatique de Gestion (cette dernière étant une nouveauté de septembre 2009, donc aucun finaliste de cette filière cette année). Enfin, je devrais mettre cette phrase au passé. Plusieurs problèmes soulevés et le besoin de dispenser des cours en télécommunication ont fait émerger une idée : et si on modifiait la structure du cursus à l'ESIS ? La proposition est donc d'évoluer vers une autre notion des filières : chaque filière est un tronc commun, complété d'une option.

Nous aurions donc une filière Réseaux, avec deux options possibles, Systèmes d'exploitation ou Télécommunications, pour donner au final deux diplômes distincts, Systèmes et Réseaux d'une part, Télécom et Réseaux d'autre part. De même, une filière Génie Logiciel se subdiviserait avec des options Programmation Avancée ou Informatique de Gestion. Seule la filière Design et Multimédia demeurerait conforme à sa description actuelle, mais avec un programme revu (notamment une réduction des heures de programmation).

Les étudiants de G1 ont eu à faire leur choix pour l'année prochaine (pour ceux qui seront admis en G2), ou plutôt leurS choix, car il devaient donner deux choix (contre un seul auparavant). L'administration évaluera la compatibilité entre leurs choix, leurs notes et les résultats à un test psychotechnique qui a pour but de les aider à connaître leur profil. En effet, beaucoup prennent la filière Réseau (ou ce qui était encore il y a peu "Technologie et réseaux") parce qu'elle est populaire et qu'elle a la réputation (erronée) d'être la plus facile, ou encore pour suivre des camarades. Du coup, ils ne prennent pas toujours le temps de savoir quelle est la filière qui leur correspondrait le mieux. À suivre...


Clôture de l'année

Ouf ! Le moment que tout le monde attendait, la fin de l'année (même s'il reste la deuxième session). Habituellement, fin juillet, c'est la collation des grades, c'est-à-dire la cérémonie où les étudiants de G3 qui ont été admis en première session (TFC compris) reçoivent le grade (le diplôme, sauf qu'ils n'ont pas encore le papier). L'année dernière, il paraît qu'ils étaient 5 ou 6, ce qui ne fait pas beaucoup sur toute une promotion (cette année, ils étaient 36 en G3), et à ce qu'on m'a dit ça n'a pas été la grande fête, ce qui se comprend un peu. Surtout, depuis cette année où le stage se termine fin août (et il compte dans la moyenne), ça n'a plus tellement de sens.

Du coup, pour ne pas finir l'année sur un blanc, il y a quand même eu une cérémonie pour remettre aux étudiants de G1 leur certification Microsoft Specialist (ça veut dire qu'ils savent utiliser Word et un peu Excel). L'intérêt de cette certification, outre la formation en bureautique — n'oublions pas que la plupart des étudiants qui arrivent à l'ESIS n'ont jamais touché à un ordinateur de leur vie — est qu'elle est internationalement reconnue. Étant donné que tous les étudiants de G1 ne passeront pas en G2, c'est un moyen de sortir de l'ESIS avec, tout de même, une reconnaissance en informatique. Ceux qui le souhaitent pourront donc travailler dans, par exemple, le secrétariat, en faisant valoir leur certification.

Donc, il y a eu cette remise des certifications, après une messe célébrée par Père Ferdinand, nouvellement ordonné prêtre Salésien de Don Bosco et qui a aussitôt rejoint la communauté Salama. Il y a aussi eu la remise d'un diplôme d'honneur, accompagné d'une bourse au mérite, à un étudiant de G1 qui a réussi à faire plus de 80% en première session et ainsi décrocher la grande distinction.

Et après tout ça... on est allé au Versailles, avec les professeurs et l'administration. Le Versailles ? C'est un bar-restaurant de haut niveau, en centre-ville. L'occasion de prendre un dernier verre avant de se séparer pour un mois d'août prévu pour être reposant. Yes !

Remise de la certification Microsoft Rendez-vous au Versailles
À gauche, la remise de la certification Microsoft à un étudiant de G1. À droite, l'after, un petit verre de l'amitié avant de se séparer :-)


Et les congés, dans tout ça ?

Promis, dans le prochain épisode, je vous raconte ce que j'ai fait de mes vacances. Vous verrez, ce n'était pas du même acabit que le voyage à Kilwa ou l'escapade aux chutes de Kiubo, mais c'était très agréable, notamment avec la venue des parents de Sébastien.


À très bientôt !

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Le 16 juillet 2010 à 20h06
Photos en haute résolution


Certains d'entre vous me l'ont demandé, alors je l'ai fait : vous pouvez, pour un certain nombre de photos, accéder à une haute résolution. C'est sûr que parfois, 400×266 px, ça fait maigre pour profiter vraiment de la photo. Quand la souris se transforme en main, comme sur les liens, c'est que vous pouvez cliquer. Facile, non ?

À bientôt !

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Le 14 juillet 2010 à 22h07
Jusqu'aux chutes de Kiubo !


Chose promise, chose due, même avec deux mois de décalage ! Et au passage, bonne fête à tous les Français en ce 14 juillet ! Ce soir, je suis allé à une réception donnée par le consulat... heureusement que notre Président a maintenu les réceptions organisées par les ambassades, en ces temps de rigueur ;-)


Samedi 15 mai

Comme lundi est fL'itinéraire du voyage, à partir de L'shi, via Likasi et
Bunkeya, jusqu'à Kiuboérié (fête de l'enseignement), on a décidé de profiter de ce week end de trois jours pour faire une petite virée aux chutes de Kiubo. C'est Hélène qui nous a trouvé cette destination, et les photos qu'on a vues étaient suffisamment convaincantes. On s'est monté ce petit projet (un peu au dernier moment, c'est vrai, chacun a un planning chargé) avec les autres volontaire. Les huit passagers en partance : Hélène et Raphaël, Sébastien, Pierre-André, Laurent, et moi, pour les volontaires Fidesco, mais aussi Marie et Nathalia qui sont des bénévoles belges venues donner quelques mois chez les Salésiens de Don Bosco à L'shi.

On a pu récupérer la Land Cruiser des pères, ce qui nous permettra de prendre sans trop de risques la piste. Ce qui nous fait croire aussi que nous n'aurons pas trop de problèmes est que nous sommes en saison sèche : depuis fin avril, il n'est plus tombé une seule goutte d'eau. Des courses ont été faites la veille pour débuter le voyage, même si nous avons prévu de nous ravitailler en route. Pour le trajet, nous partons de L'shi, passons par Likasi, puis Bunkeya, pour finalement arriver à Kiubo et ses chutes, ce qu'on peut suivre sur la carte à gauche. Le retour sera identique, en sens inverse.

9h00 : Départ pour Likasi

La voiture est chargée, deux passagers en plus du conducteur (moi) sont à l'avant et les 5 autres se serrent à l'arrière. En route. À peine sortis de L'shi, nous nous faisons arrêter par les PCR (Police de Circulation Routière). C'est vrai, la limite de vitesse était 40, et j'étais peut-être très légèrement au-dessus, mais certainement pas à 49 km/h. D'ailleurs, je me traînais, car les Congolais ne s'encombraient pas de ces limites : ils dépassaient allègrement 60 km/h sans être inquiétés par les policiers. Mais bon, voilà, délit de faciès, on est blanc donc on a de l'argent. Les 49 km/h, ce n'est pas non plus par hasard : à 10 000 FC (Francs Congolais) le km/h au-dessus de la limite, ça fait une amende de 90 000 FC... soit 100 $ exactement ! Au début, je me suis un peu agacé, mais sur les conseils de mes passagers je me suis calmé et j'ai discuté avec les policiers. On a causé — le PCR nous a même dit que l'amende devait se négocier —, on a rigolé, on a même essayé leur appareil de mesure, etc. et finalement on en a été quitte pour un sucré (un soda). Le truc, c'est de sympathiser avec le policier, ne pas lui montrer qu'on est pressé — non, non, on a 350 km à faire et on vient de partir, mais c'est pas grave — et surtout ne pas perdre patience.

Enfin, bon, nous sommes repartis, en faisant particulièrement attention à ralentir exagérément quand il y avait une limite de vitesse, à la traversée d'un village. Tout en sachant bien que si nous croisions de nouveau des PCR, nous serions encore arrêtés. Nous sommes finalement arrivés à Likasi vers 11h30, après 120 km de route asphaltée parcourus en 2 heures... la meilleure partie du chemin sur les 350 km du trajet.

12h30 : pèlerinage et pique-nique

Après avoir acheté des provisions — arachides, conserves de poisson, corned beef, beignets, bananes, etc. — nous rejoignons le domaine marial de Likasi. En fait, une colline surmontée d'une grande croix, avec une grotte mariale à mi-hauteur. Nous sommes donc montés, en croisant d'autres pélerins, nous avons admiré le lieu, qui offre aussi un magnifique panorama sur toute la région de Likasi. Puis nous sommes redescendus profiter de notre pique-nique mérité. Nous étions l'attraction du moment, avec des dizaines d'enfants, tout autour de nous, qui nous observaient déballer nos vivres.

 Une partie du domaine marial, avec à mi-hauteur la grotte mariale Le quartier de la Cité, à Likasi, vu depuis le domaine marial | Cliquez sur l'image pour une meilleure résolution
Hélène et les enfants
En haut à gauche, on voit une partie du domaine marial, avec à mi-hauteur la grotte mariale. À droite, une vue sur un quartier de Likasi depuis le sommet du domaine marial. En bas, Hélène est entourée d'enfants, quel succès !

Nous avons aussi reçu la visite du catéchiste de la paroisse, qui nous a fait un interrogatoire — en plein milieu du repas — car nous avions dérogé à la coutume. Nous avons ainsi appris que nous étions une délégation — nous pensions n'être que des voyageurs, des touristes — et que nous aurions dû nous faire annoncer auprès de la paroisse de Likasi — alors que nous n'étions là que pour deux heures. Il est vrai qu'au Congo, une importance toute particulière est attachée à la forme, aux modalités, chacun ayant sa place et jouant son rôle dans une immense pièce de théâtre. Nous avions commis l'erreur de ne pas jouer correctement notre rôle et un autre acteur nous rappelait à l'ordre. Un peu comme lorsqu'à Kasenga nous avions passé un interrogatoire avec la police des frontières. Finalement, tout s'est bien terminé et nous avons pu terminer nos sandwiches et repartir.

Puisque nous sommes à l'étape Likasi, j'en profite pour parler un peu de cette ville. Située suffisamment loin de L'shi pour avoir sa propre région économique, Likasi est un centre minier et un nœud de communication en plein développement, grâce notamment à son maire qui travaille d'arrache-pied à la faire se développer. La devise de la ville : Aere laboreque (par le cuivre et le travail). Enfin, elle fait partie des villes les plus touristiques du Congo.

14h00 : en direction de Bunkeya

Nous sommes déjà repartis de Likasi car la route est longue jusqu'à Bunkeya, lieu où nous ferons étape ce soir. Déjà, la route n'est plus asphaltée, mais elle est de bonne qualité. Seul défaut : comme nous sommes en saison sèche, nous soulevons un nuage de poussière rouge à notre passage... et évidemment ceux que nous croisons font de même, c'est alors l'ordre général de fermer les écoutilles (les vitres) pour éviter de tout respirer. Nous avons aussi mal pour les autres usagers de la piste, à pied ou à vélo, qui récupèrent tout dans les poumons, mais nous pouvons difficilement faire quelque chose. Nous observons aussi les conséquences sur les arbres, beaucoup de manguiers, qui bordent la route : les feuilles sont devenues rouges à la place du vert foncé qu'elles montrent habituellement.

À quelques kilomètres de Likasi, nous avons déjà le droit à une discussion avec des policiers, qui évidemment trouvent une bonne raison de nous coller une amende : cette fois, c'est le permis provisoire qui n'est pas valide — en réalité, il est valable dans tout le Katanga, c'est juste une ruse, de dire qu'il n'est valable qu'à L'shi. C'est encore moi qui conduis — personne ne m'a disputé le volant — et je discute avec le policier, sans descendre de voiture cette fois. Il est un peu éméché et la discussion n'avance pas jusqu'à ce qu'une de ses collègues le fasse décrocher.

Cinq kilomètres plus loin, c'est le péage — ce n'est pas pour rien que la piste est entretenue — et on se fait encore arrêter, toujours à cause du permis — sans doute le truc le plus éculé dans la région de Likasi pour faire payer les bazungu naïfs. Cette fois, la patience commence à faire défaut, mais le PCR est aussi moins tenace et on reprend la route. Ça roule bien jusqu'à ce qu'on quitte, à Luambo, la piste principale pour une piste secondaire.

15h00 : le rodéo a commencé

L'état de la piste est de pire en pire, la vitesse moyenne ne dépasse pas 25 km/h. On atteint des pointes de 40 km/h mais l'instant d'après il faut freiner pour prendre doucement la bosse, le trou, et ce ne sont pas de petites irrégularités. On a parfois l'impression d'une mer secouée qui aurait été pétrifiée. En fait, c'est à cause des camions qui empruntent aussi la piste et qui la creusent, surtout à la saison des pluies quand tout devient boueux. Forcément, même si la Land Cruiser peut passer partout, il faut ménager les amortisseurs et... les passagers arrières qui font des bonds, sont secoués de droite à gauche et d'avant en arrière, la totale, quoi ! Un cauchemar pour ceux qui ont des problèmes de dos.

A un moment, Hélène me relaie pour tester la piste, et pour moi c'est l'occasion de découvrir les souffrances des passagers arrières. Oui, c'est vrai que ça secoue. Surtout que les passagers, à l'arrière, ne font pas face à la route comme dans une voiture, mais sont face à face. Aussi, un coup d'accélérateur et nous partons vers l'arrière, un coup de frein et nous nous écrasons vers l'avant. Finalement, nous arrivons à Bunkeya vers 17h30 : pour faire quelques 70 km, nous avons mis un peu moins de trois heures (si on enlève les arrêts-PCR). Ouf !

Une des rares voitures que nous croiserons, suivies de son nuage de poussière Tout le monde sur le toit, sauf le photographe !
Le photographe, moi
En haut à gauche, un des rares véhicules que nous avons croisés sur notre route, archi-chargé, et suivi de son nuage de poussière. Sur la voiture, de gauche à droite : Pierre-André, Hélène, Sébastien, Marie, Raphaël, Nathalia et Laurent. Le photographe est resté à terre.

18h00 : bien installés pour la nuit

Nous avons été accueillis par une mission d'une ONG belge, Volens, qui a mis à notre disposition des chambres, des toilettes et un salon. Certains ont même un lit ! (je fais partie des heureux gagnants)

Après avoir satisfait notre estomac avec ce que nous avions acheté le midi à Likasi et complété le soir à Bunkeya — on a trouvé de la canne à sucre, petit plaisir sucré ! — nous nous souhaitons bonne nuit. Enfin, pas tous : les mordus du jeu — Marie, Sébastien, Pierre-André et moi — trouvent encore la force de brasser quelques fois le paquet de cartes pour une partie de barbu — un jeu qu'il est trop bien que j'ai appris aux autres volontaires — puis secouer les dés pour une partie de Perudo — un autre jeu, que j'ai apporté de France dans mes valises. Et puis, ivres de sommeil, nous nous écroulons dans nos lits respectifs.

Un petit mot sur Bunkeya, une ville qui n'a rien à voir avec Likasi dont elle est distante d'environ 60 km : cette ville est principalement agricole, au milieu des collines, avec une histoire particulière. En effet, ce fut la résidence de M'Siri, chef des Bayeke, et donc en quelque sorte la capitale du Katanga. M'Siri établit une résistance pour faire barrage aux Européens, et son assassinat, à Bunkeya en 1891, fut le symbole de la colonisation du Congo.


Dimanche 16 mai

Aujourd'hui, c'est l'Ascension ! « Comment ?! » allez-vous me dire. Oui, c'est vrai, normalement ça tombe un jeudi, mais pas ici. Pourquoi ? Personne, de tous ceux que nous avons interrogés, n'a su nous l'expliquer. Au programme : après la messe, on file directement jusqu'aux chutes, pas le choix si on veut en profiter. Nous ne savons pas encore où nous dormirons ce soir, mais cette question ne nous préoccupe pas pour l'instant.

7h00 : l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt

Ce n'est pas aujourd'hui que nous ferons la grasse matinée, car la messe est à 8h00. Pas question de traîner, il faut qu'à la sortie de la messe nous puissions repartir au plus vite. Heureusement, les Congolais se lèvent tôt — en levant habituellement à 6h30 quand j'ai cours, je fais figure de lève-tard ! — et nous pouvons faire des courses de ravitaillement. Comme nous ne savons pas trop à quoi nous attendre à Kiubo, il vaut mieux aussi avoir le stock pour tenir jusqu'à demain midi. Nous rachetons aussi de la canne à sucre, parce que c'est quand même trop bon — on enlève la peau, on mâchouille, et un jus sucré coule dans nos gorges — et des bouteilles d'eau, seul moyen d'avoir de l'eau certifiée potable — comprendre : que notre système digestif d'Européen accepte — avec nous.

L'église de Bunkeya Un borrassus autour duquel a poussé un arbre
À gauche, l'église de Bunkeya, construite en briques rouges. À droite, si vous regardez bien, vous verrez qu'un borrassus (une sorte de palmier) est prisonnier d'un autre arbre. Étonnant, non ?
 
 
 
La messe débute à l'heure, ce n'est pas un prêtre qui célèbre mais un animateur paroissial car le curé visite des églises de la paroisse. La célébration est très animée, mais j'ai encore du mal — c'est un euphémisme — avec le swahili. À la fin de la messe, le célébrant nous appelle à nous lever, nous les voyageurs, et un chant est entonné en notre honneur, c'est touchant. La messe aura duré 1h30, durée qui nous avait été annoncée par nos hôtes mais à laquelle nous ne croyions pas.

10h30 : combien d'œufs par personne, pour une omelette ?

Nous avons repris la rouDes montagnes russes dans la pistete depuis bientôt une heure. Au début, la route était plutôt bonne, on voyait qu'elle avait été refaite depuis la saison des pluies. Mais très vite nous avons retrouvé le même type de route qu'hier. Ça y est, ça secoue à nouveau comme hier. C'est Sébastien qui conduit, une conduite un peu trop sportive à mon goût mais qui fait remonter la moyenne. Oui, de mon côté, j'ai pris la réputation de conduire comme un papy. En attendant, ça secoue. On cherche toute sorte d'astuce pour se caler un peu, bouger le moins possible, amortir les chocs avec les couvertures, mais ça ne suffit pas. Ci-contre, une photo qui vous montre un peu l'état de la piste...
 
Soudain, c'est le drame, on s'embourbe. Même si la saison sèche est arrivée, il reste des flaques isolées, ici et là... Et quand la piste ressemble à des montagnes russes, on ne peut pas reprocher au conducteur d'avoir pris le chemin qui semblait le plus facile. Heureusement, nous parvenons à dégager la voiture et à reprendre la route. Et c'est reparti pour les montagnes russes !

13h00 : plouf à nouveau !

Cette fois, la boue n'était même pas visible : la surface séchée cachait tout, tel un piège diabolique. Mais quand un Land Cruiser chargé passe sur une mince couche de boue séchée, ça fait un grand plouf ! Il y a de la boue jusqu'à l'essieu et nous ne voyons pas comment nous allons nous en sortir. Le mode 4×4 ne change rien. Déjà, nous ramassons des morceaux de bois pour les glisser sous les roues et donner une prise à la voiture. Las, ça ne donne rien. Et la brousse est en train de flamber à une centaine de mètres de nous. Les feux de brousse sont interdits au Congo, mais volontairement ou involontairement les Congolais continuent à les allumer, ce qui détruit la brousse et tout l'écosystème qui s'y trouve. Pour nous, ce sont les flammes qui se rapprochent et certains ne sont pas très rassurés.

Heureusement, les secours arrivent ! En fait, ce sont d'autres usagers de la piste qui arrivent à vélo et nous prêtent main forte pour sortir le véhicule de cette boue. Tous ensemble, en poussant, en tirant, en essayant différentes manœuvres, nous finissons par réussir. Certains se sont décorés pour l'occasion, comme Marie qui est tombée à pieds joints dans le bain de boue — et a quand même réussi à retrouver ses tongs dans la boue ! Après les remerciements à nos sauveurs, un lavage sommaire — nous ne pouvions pas utiliser toute notre eau potable pour rincer la boue — et une heure de perdue, il est plus que temps de repartir.
 
On pousse ! C'est vraiment mal barré !
Marie prend un bain de boue
On pousse fort ! Mais pour être embourbée, c'est indiscutable. Heureusement que nous avons eu de l'aide, quand à Marie, elle peut désormais vous expliquer comment prendre un bain de boue en une leçon ;-)

C'est moi qui reprend le volant, pour quelques kilomètres seulement : je n'ai pas vu un trou que j'ai pris à toute vitesse, on a entendu un « Bong ! », c'étaient les passagers arrières. Le choc a été si fort qu'ils ont sauté jusqu'au plafond (d'où le « Bong ! ») ! J'abandonne donc le volant à Pierre-André, pour le reste du voyage.

14h30 : ouf, nous sommes arrivés !

Ça y est ! Les voici, les fameuses chutes ! Enfin, ça n'a pas été une mince affaire d'y arriver. Et même à la fin, en suivant les panneaux — si, si, je vous assure, il y avait des panneaux indicateurs ! — nous sommes arrivés sur une propriété. Une mauvaise blague ? Non, tout simplement, le site des chutes de Kiubo a été  acheté par un Congolais haut placé. Révoltant pour un Européen, mais ensuite ? Toujours est-il que sur ce site, plus précisément en bas des chutes, au confluent entre la Lufira et un de ses affluents, des habitations de luxe sont en construction pour des touristes argentés. Par chance, le site n'est pas encore ouvert, et il n'y a donc aucun tarif à ce jour. Comprendre : le propriétaire nous accueille généreusement dans une de ses "huttes" pour la nuit. La question du couchage réglée et les photos prises avec pour arrière-plan les grandes chutes, nous nous dirigeons pour une baignade dans les petites chutes.

Les huttes du site
Deux des douze "huttes" d'un site magnifique, et bien agencé.

Grandes chutes ? Petites chutes ? Késako ? En fait, comme je vous l'ai dit, nous sommes au confluent de la Lufira avec un autre cours d'eau. À quelques 500 mètres en amont de ce confluent, il y a les grandes chutes sur la Lufira, assez impressionnantes, plus par leur largeur que par leur hauteur. Sur l'affluent, il y a des petites cascades successives, ce qui rend la baignade tout à fait possible et sans risque.
 
Les grandes chutes Les grandes chutes, avec quelques uns d'entre nous au premier plan
Les petites chutes dans leur écrin de verdure Les petites chutes, avec l'effet de pose prolongée de Sébastien
Encore une photo de groupe, cette fois avec les petites chutes en arrière-plan
Tout en haut, les grandes chutes, qui font quand même 60 mètres de haut, mais qui sont surtout très larges. Les petites chutes sont bien moins impressionnantes, mais l'écrin de verdure dans lequel elles sont et le petit chemin qui y mène leur confèrent un tout autre charme. On remarquera à droite la photo pose longue de Sébastien, que personnellement je trouve très réussie. Et puis, pour ce qui est de la dernière photo, tout le groupe est là.

C'est à qui se plongera le premier dans l'eau ! Enfin, plonger, c'est vite dit : dans ces chutes à étages, il n'y a de l'eau que jusqu'aux mollets, maximum aux genoux, sauf en bas, dans la rivière. Et là, le véritable plaisir est de se mettre sous la cascade et d'apprécier le massage — un peu violent par endroit — qui tombe sur le dos. On se baigne un peu dans la rivière en contrebas. On apprécie enfin d'être là, on prend des photos, on prend avec beaucoup de retard un casse-dalle, on re-prend des photos, on se laisse dorer au soleil, ... Et puis finalement on rentre, parce qu'une que fois le soleil est passé derrière la crête, ça se rafraîchit. Hé oui ! Avec la saison sèche, la température tombe vite, et on apprécie de retrouver dans le sac un pull oublié dans la hâte d'aller se baigner.

Petite anecdote : à un moment, alors que je suis dans l'eau, j'entends — avec peine à cause du bruit des chutes — qu'on me dit de sortir de l'eau. Hélène et Marie ont vu un serpent d'eau, et elles ne sont pas rassurées. À un moment, on le revoit un court instant, il sort la tête de l'eau puis replonge dans les chutes. Ce n'est que plus tard, quand il reviendra encore à la surface, que nous nous apercevrons que c'était en fait une sorte d'iguane, un reptile avec des pattes, long de 40 cm !

18h30 : qui a éteint la lumière ?!

Il y a des jours qu'on ne voudrait pas voir finir, mais la course du soleil continue depuis toujours. Du coup, on se fait un rapide souper avec quelques unes des vivres qui nous restent, puis on se pose emmitouflés de couvertures. Raphaël gratte quelques cordes de sa guitare, on parcourt un peu le Diapason rouge, on joue au Perudo, on vide une bouteille de liquoreux conservée par Sébastien depuis un an, et on va se coucher. Tout le monde est mort de fatigue, et ça se comprend après une journée comme celle-là !

Dans la hutte qui nous a été prêtée, des tentes de type "igloo" sont dressées, avec même des matelas à l'intérieur. Nous n'avons qu'à rajouter les couvertures que nous avions apportées et à nous glisser dessous. Dire que ce matin nous ne savions pas où nous dormirions, et la Providence s'est chargée de nous loger, et pas n'importe où, au pied des chutes ! Comme dirait Papa, « Aux innocents les mains pleines ! »


Lundi 17 mai

06h00 : premières lueurs du jour

Il y a une demi-heure, réveillé par le froid — une couverture, ce n'était pas suffisant — et une envie pressante, je me lève et croise Hélène, emmitouflée dans son sac de couchage, assise sur l'escalier qui permet de monter à la hutte, dans l'attente du lever de soleil. On commence à voir les premières lueurs apparaître, tout reste sombre autour de nous mais le ciel s'éclaire. Surtout, le nuage d'eau qui s'élève au-dessus des chutes prend peu à peu des couleurs.
 
Premières lueurs Le ciel s'éclaire déjà
Emmitouflés et pas qu'un peu !
Les photos parlent d'elles-mêmes, non ?

Tout le monde a rejoint l'escalier où nous sommes bien couverts, il fait bien frais et l'humidité le fait bien sentir. Très vite, le ciel devient très clair, la lumière nous arrive, le soleil nous éblouit. Nos profitons de ces premiers rayons qui viennent nous réchauffer timidement, mais déjà il est temps de partir...

07h00 : tout le monde en voiture !

Après avoir rangé nos affaire, nous voilà prêts à partir. Nous quittons ce lieu magnifique où nous aurions pu rester plusieurs jours sans nous lasser, dont nous gardons les images gravées dans notre mémoire (et dans nos appareils photo). Et c'est reparti : au programme, voiture, voiture, voiture. Les kilomètres parcourus samedi et dimanche, il va falloir les avaler dans la journée, en espérant ne pas connaître les mêmes retards : embourbements et pauses PCR, surtout. De toute façon, nous travaillons tous demain, donc il n'y a pas le choix. Nous faisons les paris sur l'heure d'arrivée, et je suis le plus pessimiste en annonçant 19h30 (soit 1h30 après la tombée de la nuit... ce qui n'est pas très sûr).

12h00 : pique-nique chez le curé de Bunkeya

Nous nous arrêtons à Bunkeya pour refaire le stock de vivres et pique-niquer. Et là, surprise : le curé de Bunkeya est rentré hier soir, il a appris que nous étions passés, et il nous invite à sa table ! Bon, évidemment, il n'a pas grand chose à nous proposer, si ce ne sont des chaises et une table. Nous pique-niquons donc avec lui, il nous explique pas mal de choses sur la région.

Il nous montre aussi une carte avec tous les villages qui font partie de sa paroisse, c'est impressionnant, les plus éloignés sont à plus de 50 km. Il nous explique qu'il passe environ deux fois par an dans chaque village, ce qui fait qu'à son passage il célèbre baptêmes, premières communions, mariages, et chaque fois il est accueilli en grandes pompes. Des catéchistes font tourner le village en son absence, heureusement. Il voyage habituellement en moto, car les voitures ont souvent du mal sur la piste, mais parfois il ne peut pas faire autrement que de se déplacer à pied, ou même prendre la pirogue quand la route est coupée, en saison des pluies. Hé oui ! Quand il pleut, la piste ne ressemble plus par endroit qu'à un grand fleuve de boue. Et comme il est le seul prêtre de la paroisse, il n'y a personne pour le seconder, et il est très souvent sur les routes. Curé de brousse, il n'y a pas à dire, c'est une vocation !

13h30 : allez, on trace !

Il n'est plus question de traîner, il faut repartir. Cette fois-ci, plus d'arrêt prévu avant Lubumbashi, sauf pour changer de conducteur. Tout le monde aimerait arriver assez tôt, surtout avant la nuit qui tombe vers 18h : la route a des trous qui se cachent bien dans le noir, et tous les véhicules ne sont pas bien éclairés (certains sont borgnes, mais d'autres sont carrément aveugles).

17h45 : pari perdu pour moi

Ouf ! Nous sommes enfin arrivés, avant la nuit, ce que tout le monde apprécie ! J'ai perdu mon pari — de toute façon, il n'y avait pas d'enjeu — mais ce n'est pas grave, nous sommes arrivés avant la nuit, c'est ça qui compte. Il faut dire que nous avons fait très attention à ne pas nous embourber et nous n'avons pas été arrêtés par nos amis policiers.

Si je dois retenir un seul moment de tout ce week end, je crois que c'est le lever de soleil sur les chutes, avec seuls les oiseaux et ces mêmes chutes pour troubler le calme souverain du début de cette journée.
 

Contenu modifié le 15 juillet 2010 à 23h52

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Le 08 juillet 2010 à 20h40
Ça y est, j'ai trouvé le temps...


... de mettre mon blog à jour.

Il faut dire que les deux mois écoulés (déjà !) depuis le dernier post ont été bien remplis. Et je ne sais pas encore comment je vais pouvoir tout raconter — en fait je pourrai pas — sans rien oublier. Bon, d'accord, ça n'excuse pas tout, et c'est vrai que j'ai manqué de courage pour me mettre à l'ouvrage (ouh ! c'est pas bien !). Déjà que le rapport de mission n'a pas été de tout repos... Bon, reprenons un peu depuis avril.

Boulot et ... boulot !

La reprise après les congés de Pâques a été solide, avec beaucoup d'heures de cours et donc beaucoup de préparation. Je n'ai pas vu passer le mois d'avril, mais en même temps je tenais bon en me disant que le mois de mai serait plus paisible. En réalité, ça n'a pas vraiment été le cas, puisque j'ai été affecté à d'autres cours.

Bien sûr, c'était aussi du fait de ma volonté : j'ai imaginé un cours de communication et expression — à l'oral comme à l'écrit — pour que les étudiants améliorent la qualité de leurs présentations orales (et des supports visuels les accompagnant) et documents écrits. Un peu de théorie pour savoir comment réaliser un document écrit ou une présentation orale de qualité, et pas mal de pratique avec des présentations orales et documents écrits réalisés par les étudiants. C'était intéressant parce que c'était une matière non-informatique (des étudiants se sont étonnés qu'un "programmeur" leur donne un cours de "français"). Le cours sera amélioré pour l'année prochaine, et il y aura une continuité en deuxième année, où on parlera plus spécifiquement de la communication en entreprise.

L'autre cours qui s'est ajouté était un cours d'assembleur — un langage de programmation — que j'ai donné dans un autre établissement que l'ESIS : l'Institut Facultaire Maria Malkia, tenu par des sœurs salésiennes. Évidemment, même si ça m'a donné pas mal de travail en plus, ça a été également très intéressant parce que c'était l'occasion de voir autre chose que l'ESIS. J'ai pu voir comment fonctionnait l'IFMM, comparer avec l'ESIS, et déduire ce qu'on pouvait garder pour s'améliorer. La photo qui suit est prise avec quelques élèves que j'ai eus à Maria Malkia.

Une photo de moi, au milieu des étudiants de Maria Malkia

Les examens...

Hé oui, ça me fait encore bizarre de ne pas stresser à l'approche des examens — peut-être aurais-je dû stresser à l'idée que mes étudiants puissent ne pas réussir — par contre ce n'est pas très drôle de corriger 200 et quelques copies, pour les G1.

 
Une photo de moi corrigeant les copies

Le potager, toujours

Mon potager a continué à pousser, tout a bien germé, mais les résultats n'ont pas tous été au rendez-vous : les cucurbitacées — concombres, cornichons, courges, etc. — ont souffert d'attaques d'insectes qui pondaient dans les fruits et d'oïdium — un champignon — ce qui a fait très mal aux récoltes. D'ailleurs, ma treille en bambou de 2,5 m de haut paraît un peu risible avec des pieds de courges qui ne montent que jusqu'à un mètre. En revanche, les haricots ont très bien donné, et les tomates annonces une belle récolte. Voici d'ailleurs une photo de ces pieds de tomates qui n'ont pas de mal à pousser, et dont je suis particulièrement fier car c'est la première fois que je sème mes graines de tomates.

Une partie de mon potager, le coin des tomates

Merci aussi à Marie — elle se reconnaîtra — pour les graines. Celles de basilic ont déjà germé, j'espère que la plante envahira mon jardin comme c'était le cas en Guinée, pour les capucines j'attends la saison des pluies et pour la mélisse ça ne va pas tarder.

Des lapins et des chiots

Je me suis encore un peu occupé des lapins, mais j'ai manqué de temps — comme pour ce blog : existe-t-il une relation de blog à lapin ? — surtout que sont aussi arrivés 7 chiots, quand Delta, la chienne de Frère Rémi, a mis bas en avril. L'un d'entre eux est malheureusement mort lors du sevrage, car ils ont tendance à aller fouiller dans la déchetterie et ils ne sont pas vraiment armés pour contrer les bactéries qui s'y trouvent. Parmi les autres, nous les avons donnés, sauf un. Comme nous sommes dans l'année F — à chaque année sa lettre pour commencer le nom des chiens, Delta est donc née il y a deux ans — et comme celui que nous avons gardé ressemble à une saucisse sur patte, je l'ai baptisé Francfort et le nom a été adopté par la communauté.

EDIT : puisqu'on me le demande, voici deux photos (pour le prix d'une !) de Francfort :

Francfort a beau avoir de petites pattes, il a une bonne détente
 
Finie la saison des pluies !

Je vous ai déjà parlé de la saison des pluies. C’est terminé : depuis la fin avril, il n’est plus tombé une seule goutte d’eau, et les prochaines pluies n’arriveront pas avant octobre. Avec la saison sèche, les nuits sont plus fraîches : le thermomètre descend jusqu’à 8°C (contre 15°C en saison des pluies), autant dire que la couverture s’impose, surtout que les bâtiments ne sont pas chauffés. Et le petit pull le matin ne se refuse pas ! Par contre, la journée est plutôt chaude : le soleil fait remonter la température aux alentours de 25°C, et le pull peut alors tomber.

Qui dit saison sèche dit aussi beaucoup de poussière, rouge de préférence, qu'on retrouve partout. Il y a beaucoup de pistes non asphaltées, et sur ces voies la voiture soulève un gros nuage de poussière. Autant dire que les manguiers qui bordent les pistes ont changé de couleur. À propos de végétation, je suis obligé d’arroser mon potager à l’arrosoir. Je vais apprécier le retour de la pluie ! Par contre, il y a un avantage indéniable à cette saison : on peut planifier des sorties ou un barbecue deux mois à l’avance tout en étant sûr que la météo ne gênera pas le programme.

Les Chutes de Kiubo

Nous avons aussi fait une sortie lors du week end de l'Ascension pour aller à la découverte des Chutes de Kiubo, au confluent de la Lufira et d'un de ses affluents. Mais pour ne pas surcharger cet article, et pour le publier au plus vite, j'en ferai un autre dès que j'aurai le temps, avec plein de photos. Sachez juste que c'était super, même si ça aurait pu durer plus longtemps !

Pour finir...

Vous avez remarqué ? Ça fait maintenant plus de 6 mois que je suis arrivé à Lubumbashi. Hé oui, mon arrivée se faisait fin novembre, au début de la saison des pluies. Et plus 10 mois que je me suis envolé de France vers la Guinée. Au passage, la Guinée a organisé le tout premier scrutin libre de son histoire pour élire son président, le 27 juin dernier. Espérons que ce processus vers la démocratie, qui a coûté la vie à beaucoup de Guinéens — on se souvient de ce qui s'est passé le 28 septembre 2009 et a justifié que je change de cap —, se conduise au mieux et fasse entrer la Guinée dans une nouvelle ère.

Contenu modifié le 16 juillet 2010 à 11h23

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Le 07 avril 2010 à 01h02
Ouf, me revoilà !


Hem... Désolé, j'ai été un peu absent ces derniers temps... Comme je vous l'ai dit dans mon précédent article, j'ai d'abord concentré mes efforts sur mon rapport de mission, que j'ai terminé il y a peu. On va dire que ma plume avait besoin de se reposer...

Prof un jour, ...

... prof tous les jours ! Evidemment, je ne me suis pas contenté d'écrire mon rapport de mission, j'ai aussi enchaîné les cours : après avoir terminé les cours d'Applications distribuées et Microprocesseurs, j'ai poursuivi avec Java Entreprise et Gestion de projet informatique, toujours en G3 (dernière année), et Programmation Java, en G2. Soit un total de 22 heures de cours par semaine, et au moins autant en préparation de cours. C'est aussi ça qui m'a retardé dans l'écriture de mon rapport et, donc, dans celle de cet article.

Mais à quelque chose malheur est bon, car en fait je m'éclate vraiment dans les cours. La préparation du cours n'est pas le moment le plus passionnant, mais elle est bien entendu nécessaire, et elle me permet de faire ce que je veux du cours : à moi de faire le plan de cours (mes prédécesseurs, quand le cours n'est pas carrément une innovation, n'ont pas laissé de trace de leur passage), de sélectionner les choses que je veux mettre dans le cours, de me former également à ce que je dois leur enseigner (puisque je ne peux pas me contenter de ce que j'ai appris en école ou en entreprise), etc...

Evidemment, je préfère quand je suis en cours, j'ai un bon feeling avec les étudiants, les cours se passent bien. Il va de soi qu'il y a des petits détails qui parfois me rappellent que je suis européen et eux congolais, mais dans l'ensemble le courant passe bien, ils assimilent plutôt bien mes cours (en tout cas, pas plus mal que des étudiants français). Bref, ma mission va bien !

En pleine explication avec un étudiant en applications distribuées
 

Le potager pousse aussi...

Après avoir abandonné mon potager quelques temps (ce qui explique aussi qu'il n'ait pas donné grand chose) à cause du boulot (encore et toujours), j'ai profité de mes quelques jours de repos pour le remettre à neuf, l'agrandir, même, le soigner, et l'ensemencer. Il y a maintenant dans mon jardin :
- des courgettes, variété Bianco de Trieste (qui, si elle ne me donne pas rapidement de résultat, va finir au clapier à nourrir les lapins) et variété Alberello di Sarzano ;
- des haricots nains mangetouts, variété Beurre de Rocquencourt ;
- des concombres, variété Long vert d'Alan ;
- des cornichons, variété Vert petit de Paris ;
- des melons, variété Canoe Creek Colossal ;
- des courges en pagaille : Potimarron à gros fruits, Buttercup Bush, Blue Ballet, Longue de Nice, Giraumon galeux d'Esyines, Musquée de Provence ;
- des tomates, variété Striped Roman (rouge strié d'orange) et mélange de variétés petites ;
- et même un truc étrange, un Serpent Végétal...

Bon, pour l'instant, on voit surtout des petites pousses qui dépassent de terre et une immense treille de 2,5 m de haut, en bambou, destinée aux cucurbitacées à petits fruits (< 3 kg), mais dès qu'on verra des choses plus intéressantes, je vous mettrai des photos !

Au passage, ce n'est pas la peine de me dire que je me suis trompé de voie en faisant de l'informatique, mon co-volontaire et collègue Sébastien m'a déjà fait passer le message.

Alain, perdu derrière un pied de courgette
 

Blanche-Neige et les sept nains

Je suis aussi devenu le second de Père Vincent, non pas dans son ministère de prêtre mais pour m'occuper des lapins. Ce prêtre croisier (un autre ordre que les Salésiens de Don Bosco, mais qui est tout de même dans la communauté Salama le temps de ses études) se forme à être vétérinaire : les prêtres de l'ordre des Croisiers vivent du travail de leurs mains et lui travaillera aux fermes qu'ils possèdent, car bien souvent ce qui manque n'est ni la terre, ni les bêtes, ni les mains, mais la compétence. Et pour ne pas attendre son retour au Kivu (là où l'attend sa communauté) il s'occupe déjà d'élever des lapins à la communauté Salama.

Mais comme ses études et son apostolat lui prennent beaucoup de temps et, il faut bien le dire, ça m'intéresse, je m'occupe avec lui du clapier. Notamment, une semaine, j'ai été seul responsable de nourrir les bêtes, changer leur eau, veiller à ce que tout aille au mieux, particulièrement pour la portée de huit qui venaient de naître. Du coup, je me suis amusé à nommer chacun de ces huit jeunes lapins : Blanche-Neige, Prof, Dormeur, Joyeux, Grincheux, Timide, Atchoum et Simplet. Ceux-là ont maintenant deux mois, mais dans les dix derniers jours sont venues quatre autres portées, ce qui va bien remplir le clapier.

À la question : que deviennent tous ces lapins ? la réponse est : ils fêtent les anniversaires de la communauté ! (et cuisinés à la bière brune et lushoise Tembo, ils sont excellents !)

Et quand on parle d'anniversaire...

... je veux remercier tous ceux qui ont pensé à mon anniversaire ! Merci pour vos petits (et grands) messages, ça m'a fait rudement plaisir ! Et pour les autres, je suis sûr que vous y avez pensé, simplement vous n'avez pas eu le temps, je ne peux pas vous en vouloir !

À la communauté, on l'a fêté, comme se fêtent tous les anniversaires : apéritif (avec vin de messe et sangria), puis un grand repas festif (avec Sébastien et Pierre-André qui, pour cette occasion, ont trouvé à emprunter des tenues scoutes locales afin de m'offrir un numéro de téléphone, celui du responsable scout local !) et le cadeau habituel mais qui fait tout de même très plaisir, le boubou ! Surtout que c'est mon premier boubou, et il est très beau ! Mais un boubou, qu'est-ce que c'est ? C'est une sorte de polo (au niveau de la forme), bien large, fait avec du tissu africain et plein de broderie. Voyez plutôt la photo :

Moi, en train de boutonner mon magnifique boubou

 

 
 
Une piscine dix fois olympique !

Pour finir, et parce qu'on ne fait pas que travailler non plus, nous avons découvert un lac dans une ancienne carrière de cuivre (on voit encore de la malachite sur les berges), grâce à Hélène et Raphaël (deux autres volontaires à Salama, qui l'ont découvert grâce à un expat'). Et nous y sommes même retournés, alors que c'est à 30 km de Lubumbashi (soit une bonne heure de route). Voyez plutôt : un endroit où on se retrouve seuls (pourvu d'y aller le samedi et non le dimanche où ça devient une fourmilière d'expat'), avec le soleil (qui ne manque pas de brûler la peau de ceux qui n'ont pas prévu le parasol), un bassin de 500x300 mètres et d'une profondeur de plusieurs dizaines de mètres (on n'a pas encore mesuré) et une eau claire, limpide, et à plus de 25 °C !

Pour ce qui est de faire des longueurs, je les ai plutôt faites dans la largeur, et ça fait beaucoup de bien de nager (le droit d'entrée, pour les piscines à L'shi, est à 10$ !). En plus de cela, il y a des rochers qui surplombent l'eau et nous permettent de sauter/plonger à 4 ou 8 mètres de haut. Et ce qu'il y a de bien : comme c'est une carrière, les parois du lac sont abruptes et à un mètre du bord le fond est déjà à plus d'une dizaine de mètres de profondeur. Bref, c'est l'endroit rêvé pour faire une sortie détente (parce qu'il en faut aussi). Promis, si vous me rendez visite à L'shi, je vous y emmène ! (en plus, ça marche en toute saison, l'hiver n'existe pas ici)

Et la saison des pluies ?

À mon regret, il va falloir que je commence à arroser mon potager, car la saison des pluies prend fin. À vrai dire, je n'ai pas trouvé ça trop gênant : je pensais que ce serait de la pluie tout le temps, mais si les pluies sont violentes et causent des inondations, elles sont aussi de courte durée et dans l'ensemble je n'ai pas été gêné par la pluie pour faire ce que je voulais (mais aussi parce que j'habite à l'intérieur de la ville et non dans la périphérie, où ça pose de gros problèmes de transports).

Donc, on arrive à la saison sèche, ce sont les dernières pluies. La température va baisser la nuit jusqu'à 10°C minimum, mais le jour il fera en général 25°C. Le petit pull le matin mais après en chemise à manches courtes, comme d'habitude. Et le tout avec du soleil en permanence (c'est pratique pour prévoir des choses longtemps à l'avance, la météo ne peut pas gâcher une sortie). Pour le climat, jusqu'à présent, je n'ai pas encore trouvé mieux que L'shi (sauf pour ce qui est du ski).

Contenu modifié le 21 avril 2010 à 09h27

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