Par Anne-Charlotte.
Nos premiers jours à Lodja sont centrés sur l’installation de notre maison, la rencontre tous les jours de nouvelles personnes, la découverte de la paroisse et de Caritas.
Antoine insiste pour que nos 3 premiers jours soient consacrés à notre installation. Selon lui pour être disponibles pour les autres il faut déjà être bien chez soi, ce en quoi il n’a pas tort ! Nous passons donc 3 jours à vernir les meubles, vider nos valises, réagencer l’installation de la maison, nettoyer, nettoyer, renettoyer, réparer le plafond de notre chambre et j’en passe. Tout avance vite car nous sommes bien aidés, notamment par Anne-Marie qui cuisine et assure l’entretien de la maison, par Gilbert qui est la sentinelle de la maison et par Albert, le gardien de la voiture de Caritas. Notre maison prend forme, tout est assez sommaire, nous apprenons à nous contenter de peu, c’est bien. Tout ce que nous avons en France prend également sa vraie valeur : quelle chance d’avoir facilement des éponges, un marteau, des torchons, de la lumière…Ici les marchandises n’arrivent que par avion car les routes ne vont pas jusqu’à Lodja, elles sont donc soit inexistantes, soit très chères.
De gauche à droite: séance de vernis dans le jarin; grand déménagement; Placide installe le panneau solaire sur le toit
Au bout d’une semaine l’abbé Placide installe un circuit électrique relié à notre panneau solaire via une batterie, nous avons donc maintenant un néon dans notre salon, dans notre chambre et dans la salle de bain, un vrai luxe !!
Nous apprenons aussi très vite à vivre avec le bruit, car nous sommes dans un quartier très habité et très bruyant…il faut donc s’y faire quand ça ne s’arrête pas de la journée et que la fanfare reprend à 5h du matin ! S’en suit le reste de le nuit en somnolant jusqu’à ce que le réveil sonne, à 7h30.

Tenue de combat pour le brossage de dent: lampe frontale, Bayon pour exterminer les cafards et bouteille d'eau
Nos premiers jours sont inévitablement l’occasion de découvrir la cuisine de Lodja. Nous arrivions en pensant qu’elle serait assez monotone et nous découvrons peu à peu, au cours de conversations, qu’elle peut être au contraire très variée. Il faut juste bien connaître ce qu’on trouve sur le marché, savoir comment les cuisiner pour découvrir de nouvelles recettes et briefer Anne-Marie pour qu’elle sache que plus nous en découvrons plus nous sommes contents ! Pour le moment les repas ne sont pas très variés mais on progresse ! Nous mangeons du riz en quantité, des feuilles de manioc, des petites aubergines délicieuses, de la chèvre, du poulet et du poisson (ou plutôt des arrêtes avec un petit peu de poisson). Et nous mangeons beaucoup de fruits, un vrai régal ! : mangues, ananas, papayes, oranges, avocats, noix de coco, miam miam ! Le petit déjeuner n’est pas ce qu’on nous avait prédit, à savoir riz et feuilles de manioc, il est plus européanisé : thé, lait en poudre, oranges, avocats, parfois bananes et de temps en temps une omelette ou du riz au lait…ça nous va :-)
Les quinze premiers jours à Lodja sont rythmés par des temps de rencontre. 4 jours après notre arrivée, Antoine nous introduit à Caritas où nous découvrons les personnes avec qui nous allons travailler ainsi que les locaux. Caritas monte des projets de développement en fonction des besoins identifiés localement. L’équipe permanente se compose de 7 personnes :
- La direction et la coordination : Antoine, Arnaud, Anne-Charlotte
- Un logisticien : papa Jules
- Un comptable : papa Jean-Pierre
- Un informaticien : papa Jacques
- Un aide informatique (pour les formations informatiques) : Dadou
Michel, Ambroise et Albert devant les bureaux de Caritas; Nous dans notre bureau
Les rencontres avec chacun d’eux se font progressivement car certains sont en vacances et la Caritas tourne actuellement au ralenti, les fonds du projet de la route n’étant pas encore arrivés. Et ici quand il n’y a pas d’argent, il n’y a pas de travail. Le projet de route est un projet financé à 100% par le gouvernement et pris en charge par Caritas. Il doit durer 24 mois, c’est avec ce projet que nous allons commencer notre mission. Nous attendons donc avec impatience que le budget arrive, normalement (on croise les doigts) mi-octobre. Tous nous accueillent très gentiment, nous sommes lancés, il faut ensuite peu à peu que nous nous fassions accepter, que nous nous insérions dans le schéma existant à Caritas tout en réussissant à faire accepter le « Caritas, nouvelle formule » comme l’appelle Antoine. La nouvelle formule concerne le changement de direction : l’ancienne équipe était composée depuis 5 ans d’un père polonais et d’une française (Martine), c’est Antoine, Arnaud et moi qui avons pris le relais. Ce que nous devons réussir n’est pas facile : tisser des relations de confiance avec chacun, installer notre légitimité et toujours nous rappeler que nous sommes venus pour servir et aimer. La première chose à faire au bureau, vu que le projet de la route n’est pas encore lancé, est de réagencer notre bureau, d’une part pour l’organiser pour qu’il puisse recevoir 3 personnes, d’autre part pour nous l’approprier. Mais le plus important est de le nettoyer, il sent la poussière, il est sale, un nombre incalculables de câbles tous aussi sales les uns que les autres trainent par terre, tout n’est que poussière. Des piles de papiers poussiéreux s’entassent partout, il y a du boulot !

Grand nettoyage d'Automne dans notre bureau
Antoine nous présente également aux partenaires de Caritas à Lodja, notamment aux notables de Lodja et à l’association Avocades créée par Caritas. Partout nous sommes accueillis avec un véritable Comité d’Accueil, une cinquantaine de mains à serrer, de nombreux cadeaux (noix de coco, ananas, œufs, concombres, tomates, poissons…), nous sommes très émus et très touchés. Le soir nous rentrons avec tous ces cadeaux, que nous distribuons pour le plus grand bonheur d’Anne-Marie, de Gilbert (la sentinelle de la maison), d’Albert (gardien de la voiture de Caritas), d’Antoine.
A gauche: Avec les notables de Lodja; A droite: Présentation aux membres de l'association AVOCADES
Ces quinze premiers jours, tout est nouveau, tout (ou presque) est source de joie, d’étonnement. Antoine nous présente à la paroisse à laquelle notre maison est rattachée, la paroisse Saint Désiré. Nous montons sur l’estrade, une foule immense nous applaudit en criant après qu’Antoine nous a présentés…beaucoup d’émotion, je me sens toute petite face à cette foule qui nous applaudit alors que nous ne sommes que deux petits blancs et que ce sont eux qui se mettent en 4 depuis plusieurs jours pour que notre arrivée soit agréable. Nous faisons aussi connaissance petit à petit avec Anne-Marie, la cuisinière de la maison. Elle doit avoir une cinquantaine d’années, elle est très gentille et nous la mettons tout de suite à l’aise : nous voulons surtout qu’elle nous dise si nous faisons ou disons des choses qui la choquent, nous voulons vraiment avoir avec elle une relation de confiance mutuelle, de dialogue, une relation très humaine. Elle n’est pas juste là pour faire la cuisine et le ménage, nous voulons apprendre beaucoup d’elle, elle est notre premier contact avec la population locale. Très timide au départ, notre relation évolue très rapidement, Anne-Marie rigole et nous sommes très heureux avec elle. Elle est très ouverte, prend beaucoup d’initiatives, elle est très intelligente, observatrice, nous commençons déjà à beaucoup échanger avec elle, nous sommes très contents :-)

Anne-Marie en train de repasser au fer au charbon dans le jardin
Je vais essayer de ne pas prolonger plus…quelques idées en vrac…nous apprenons petit à petit nos premiers mots d’Otetela et espérons trouver quelqu’un qui nous donne des cours pour apprendre plus efficacement ; dans la rue nous sommes l’attraction, tous les enfants crient sur notre trajet matin-midi et soir « Osungu Moyo ! », ce qui veut dire « Bonjour les blancs ! », ça ne s’arrête jamais…Nous avons rencontré un couple Pierre et Béatrice, lui est de Lodja, elle est belge, ils ont vécu longtemps en Belgique et sont depuis 4 ans installés à Lodja avec leurs 3 enfants (6 ans – 4 ans – 9 mois). Ils sont très sympas, nous accueillent très gentiment et sont de très bon conseil, notamment pour les nouvelles recettes et pour nous prêter de l’insecticide pour essayer d’exterminer tous les cafards de notre maison ! Et leurs enfants sont trop mignons, j’adore ! Nous avons également planté un potager, Arnaud est fan et nous suivons jour par jour la poussée de tous nos petits :-) La dernière nouvelle est chantante, nous avons participé hier à notre première répétition avec la chorale de la paroisse, au top ! Deux heures et demi de répétition à l’ombre d’un arbre, un synthé branché à une batterie, un joyeux désordre, ça nous a beaucoup plu ! Les répétitions auront lieu tous les samedis après-midi et une heure avant la messe le dimanche…ce qui nous fait 3h30 de chants le dimanche matin, je ne suis pas sûre de ne pas faire un malaise le premier dimanche vu la chaleur ! Et ce dimanche nous sommes invités à la journée mensuelle de la Communauté de l’Emmanuel, nous sommes contents, ce sera l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes de façon plus approfondie.
En ce premier octobre, nous sommes là depuis 3 petites semaines, les nouvelles sont bonnes, nous sommes heureux ici, nous sentons que nous allons nous plaire à Lodja et nous ne nous tapons pas encore dessus :-)
A gauche: déjeuner avec Séraphin chez Joseph et Cécile, les responsables de la Communauté de l'Emmanuel
Au milieu et à droite: Répétition avec la chorale de la paroisse...sport!