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Blog de arnaudannecharlotte :

Mission Fidesco à Lodja au Congo (RDC)

Le 16 décembre 2009 à 15h46
Visite de nos correspondants de pays FIDESCO


Par Anne-Charlotte.

Fin novembre – début décembre, nous avons eu la visite de nos correspondants de pays Fidesco. Les correspondants de pays sont nos référents Fidesco si nous avons un problème, une question, besoin de parler
de notre mission ou autre. Ils sont les référents pour tous les volontaires d’un pays ou d’une zone géographique. Les correspondants de pays ne font pas partie du staff Fidesco, ils sont bénévoles au service de Fidesco et sont souvent soit d’anciens volontaires, soit un couple de la Communauté de l’Emmanuel. Ils viennent nous rendre visite sur le lieu de notre mission une fois par an, soit deux fois sur la durée de notre mission. Dans notre cas, nos correspondants de pays sont Philippe et Marie-Luce Odin, ils font partie de la Communauté de l’Emmanuel, sont correspondants de pays pour toute la RDC et commencent leur mission de correspondants cette année.

Philippe et Marie-Luce sont arrivés à Kinshasa au début de notre deuxième semaine, nous avons donc passé une semaine ensemble à Kinshasa avant d’arriver à Lodja. Cette semaine nous a permis de faire connaissance (nous nous étions vus une fois en août à Paray le Monial, nous nous connaissions donc mais peu) mais globalement nous avions chacun nos occupations : Philippe et Marie-Luce passait cette semaine à Kinshasa pour rencontrer les membres de la Communauté de l’Emmanuel sur place, pendant que nous nous continuions nos rendez-vous et nos achats dans le cadre de Caritas.

Grande réjouissance à l’arrivée de Philippe et Marie-Luce : ils arrivent avec un colis que leur ont donné nos parents…c’est Noël avant l’heure ! Torchons, éponges, bonbons, produit anti-souris, crème caramel au beurre salé en provenance directe de Belle-Ile, photos et dessins de nos nièces chéries qui ont déjà tellement grandi, partitions de flûte à bec, nouvelles graines pour noter potager, mouchoirs en tissu pour les allergies de madame, petit sac cousu main pour ranger des médicaments…nous étions devant notre colis comme des enfants qui attendent Noël depuis un an, un vrai bonheur ! Et dans ce colis une très grande joie pour Arnaud : un exemplaire en vrai de vrai de son livre enfin publié, grand moment d’émotion et de fierté après de longs mois de travail et de persévérance !
 


Arnaud avec son livre, heureux!

Après une semaine commune à Kinshasa, départ pour Lodja : nous sommes heureux de rentrer chez nous et eux heureux de découvrir Lodja dont nous leur avons beaucoup parlé mais qu’ils ne connaissent pas encore.


  
De gauche à droite: Avec les Odin à Kin; Petit déjeuner devant l'agence d'enregistrement des bagages le jour du départ; Dans le petit bus vers l'aéroport, bien serrés!

   
De gauche à droite: Dans le bus vers l'aéroport, heureux de rentrer à Lodja! Arnaud dans le cockpit, assiste à l'atterrissage à Lodja; Arrivés à Lodja, ici avec une partie de tous nos bagages


Nous passons ensuite une semaine à Lodja avec Philippe et Marie-Luce qui logent chez nous et inaugurent ainsi notre chambre d’amis ! Un lit, un matelas, une moustiquaire, une étagère et une chaise, que demander de plus ? Ils n’avaient pas de lumière mais c’est prévu pour bientôt, il y aura donc une ampoule lors de leur prochaine visite !

Philippe et Marie-Luce ont deux missions pour leur semaine à Lodja : nous visiter en tant que correspondants de pays, voir ce qui va, ce qui va moins bien, nous écouter et nous conseiller d’une part, visiter la Communauté de l’Emmanuel de Lodja d’autre part, en rencontrant les responsables, les couples, les jeunes, les parents seuls…le programme est donc dense !

Pendant toute la semaine nous profitons donc bien d’eux pendant les trois repas quotidiens que nous prenons à 4, ce qui nous laisse beaucoup de temps pour discuter, discuter et encore discuter ! C’est top, nous nous sentons très à l’aise avec eux, ils sont très ouverts, très attentifs et surtout ont beaucoup d’humour ce qui rend les échanges bien comme on les aime :-)

 
De gauche à droite : A l’enseignement Amour et Vérité sur la Communication donné par Philippe et Marie-Luce ; Philippe avec Jean-Marie et Séraphin, deux jeunes de la Communauté de l’Emmanuel ; Avec Joseph, Victor et l’abbé Placide, membres de la Communauté de l’Emmanuel



Le reste du temps, soit nous les accompagnons en moto – les femmes sur une moto, les hommes sur une autre – soit nous sommes au lit…et oui, le rythme de Kinshasa a eu raison de notre bonne forme et nous sommes cloués au lit par un mal bien classique : fièvre, sinusite, maux de ventre, gorge enflammée…une grosse fatigue qui tout simplement a décidé de s’exprimer autrement que par des bâillements :-) Mais nous allons maintenant beaucoup mieux, rien de grave !

  
De gauche à droite : Les Osungu (les Blancs) en moto ; Avec le frère aîné de l’abbé Antoine, chez Antoine ; Antoine avec ses 4 Osungu


Cette semaine avec Philippe et Marie-Luce a été un vrai bonheur, quelle chance de les avoir comme correspondants de pays ! Nous avons eu, en plus de nos discussions quotidiennes, un très long échange sur notre mission, les points positifs et les difficultés à la Caritas, les points positifs et les difficultés en dehors de la Caritas…un échange qui a bien fait le tour de notre nouvelle vie à Lodja ! Ils sont tous les deux très à l’écoute, quel plaisir de pouvoir échanger avec eux en toute confiance et en totale transparence. Après nous avoir longuement écoutés, ils ont pu répondre à certaines de nos questions et surtout nous donner leur point de vue en temps que personnes extérieures à Caritas et à notre mission, nous donner des conseils sur la façon d’aborder telle ou telle difficulté, nous guider pour la suite…en un seul mot, nous aider ! Notre chance : leur discernement et la force de leurs paroles, toujours percutantes et arrivant comme il faut au moment où il faut. Des paroles qui nous parlent et qui nous aident.

  
De gauche à droite : Arnaud fait visiter le potager à nos hôtes ; Arnaud et Philippe installent des tassots autour du lit pour fixer la moustiquaire ; Déjeuner avec Anne-Marie à la maison
 

Dernier petit souvenir…les 4 cadeaux qu’ils nous ont amenés dans leurs bagages : un pot de Nutella (Arnaud en profite bien, moi moins vu que je suis allergique), un paquet de bonbons style Michoko, un saucisson et un cake aux fruits…autant vous dire que le saucisson et le cake feront notre joie lors de notre repas de Noël !

Et pour finir, encore quelques photos!

  
De gauche à droite : Dans notre bureau à Caritas pour une réunion de travail Fidesco ; Rencontre archi sympa avec Pierre-Albert et Béatrice ; A l’aéroport, avant le départ de Philippe et Marie-Luce


Réunion de travail à la maison avec Joseph, au sujet de la construction d’une école primaire, projet porté par la Communauté de l’Emmanuel et financé par une fondation allemande. C’est un projet hors Caritas mais sur lequel nous allons travailler, surtout sur la gestion financière du projet.


A bientôt!



Contenu modifié le 17 décembre 2009 à 17h12

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Le 16 décembre 2009 à 15h44
15 jours à Kinshasa


Par Arnaud. Séjour à Kinshasa du 13 novembre au 28 novembre 2009. 

Comme vous avez pu le lire plus bas, nous nous sommes penchés depuis notre arrivée à Lodja sur la rédaction de deux nouveaux projets (réhabilitation d’un institut du secondaire et de la piste d’aéroport de Lodja). Mais ce n’est pas tout de rédiger de beaux projets. Une fois qu’on a les idées, le budget et une vague idée de concrètement comment ça va se passer, il faut obtenir les fonds… et Caritas ne dispose pas de fonds alloués pour ses activités. Chaque Caritas diocésaine est autonome et a ses partenaires privilégiés pour ses projets. En ce qui concerne la Caritas-Tshumbe (notre Caritas), excepté le CRS (Catholic Relief Service - en gros, la Caritas américaine) qui a déjà appuyé dans le passé de nombreux projets Caritas à Lodja, nous n’avons pas de partenaires privilégiés. CRS n’a plus de budget pour l’année 2010 concernant nos activités et ils ne peuvent pas non plus tout financer. Il a donc fallu qu’on se débrouille avec nos propres moyens. C’est comme ça que nous avons décidé de nous rendre à Kinshasa (ce qui est toute une organisation car il faut prendre l’avion, ce qui n’est pas tout à fait aussi simple qu’en Europe…). Notre objectif en allant à la capitale était surtout au départ de nous renseigner sur le projet phare qui explique notre présence à Lodja : la construction d’une route de plus de 150 km et 17 ponts. Le contrat a été signé entre le gouvernement congolais et l’évêque avant notre arrivée et ce dernier comptait beaucoup sur notre présence à Lodja pour gérer ce projet. Hors, les financements qui devaient arriver en même temps que notre propre arrivée se font toujours attendre. Nous avons donc décidé d’aller à la source, c'est-à-dire à Kinshasa (du 13 au 28 novembre), pour tenter de débloquer la situation, et en profiter pour présenter nos nouveaux projets aux bailleurs de fonds.

  
De gauche à droite: A Lodja, avant de rentrer dans l'avion; En escale à Kindu; Notre avion de Kindu à Kinshasa

Nous voici donc à Kinshasa, un peu au pied levé il faut bien l’avouer, prêts à présenter la Caritas, sa nouvelle équipe de direction et ses projets. Mais par où commencer ? On ne connaît personne. Si on connaît la Caritas, personne ne connaît la Caritas-Tshumbe basée à Lodja et encore moins son équipe ni ses activités.

Nous avons donc commencé par le plus simple : l’ambassade de France. Un rapide entretien avec le service de la coopération française et nous voici avec les coordonnées du General Manager de la Régie des Voies Aériennes Congolaises, la société qui gère les aéroports de tout le pays. C’est un français qui nous reçoit fort bien, suite à notre appel. L’aéroport de Lodja a bien des soucis mais ce n’est pas tout à fait dans les priorités de la RVA. Son président nous assure cependant qu’il enverra un ingénieur sur place pour évaluer les dégâts s’il estime que ça vaut le coup après avoir lu notre projet. Il avisera par la suite s’il est nécessaire ou non de restaurer la piste. C’est déjà encourageant.

Après l’ambassade de France nous rendons visite à CRS. Sa représentante Jennifer, une américaine, nous aiguille sur plusieurs pistes pour l’école et l’Institut de Shinga dont une piste assez sérieuse du côté d’UNICEF.
Et ainsi de suite, de fil en aiguille, nous passons à l’Ambassade de Belgique qui nous propose de travailler sur d’autres projets en collaboration avec eux, les Nations Unies, la Banque Mondiale ou encore le Fonds Social. Ce dernier entretien avec le Directeur des Etudes et Programmes était fort encourageant puisqu’il a estimé que notre projet de l’Institut de Shinga avait toutes les chances d’être voté par son comité, si toutefois la Banque Mondiale reconduit ses financements pour le Sankuru.

  
De gauche à droite: RDV avec Jenifer de CRS et avec le Fonds Social de RDC financé pare la Banque Mondiale
 

Nous avons également rencontré une personne du Rotary de Kinshasa avec qui la Caritas a initié il y a plusieurs mois déjà, le programme de construction d’étangs de pisciculture pour les volontaires de l’association AVOCADES. En dehors du cadre professionnel où le Rotary nous assure de son soutien pour la continuité de cette action, nous avons passé de bons moments à Kinshasa avec cette personne et sa femme qui nous ont reçus très gentiment chez eux.

Concernant la problématique de cette fameuse route dont le contrat est déjà signé, un rapide rendez-vous avec le responsable de l’Office des Routes Congolaises nous a rapidement fait comprendre que nous ne pourrions pas disposer aussi vite des fonds… Il nous faut encore patienter, sans doute jusqu’au mois de février…voire plus.


RDV avec Papa Kasongo, notre contact à l'Office des Routes à Kinshasa

Nous repartons donc à Lodja, un peu déçus pour le projet de la route, mais surtout pleins d’espoir et d’enthousiasme pour la suite des activités de la Caritas à Lodja. Nous repartons aussi les bras chargés de colis pour chez nous, en passant des produits alimentaires inconnus à Lodja comme de la moutarde ou du poivre, aux produits d’entretien, sans oublier un miroir et même un lavabo. Nous sommes également chargés de matériel pour la Caritas (Pneus et pièces de rechange de motos, lampes, câbles électriques, batterie, etc).
Nous ne pouvons bien sûr pas tout transporter car les kilos autorisés sont limités (20 kg par personne bagages à main compris…hors nous avons 300kg à ramener à Lodja !), mais le pilote de l’avion, devenu un bon ami, nous propose spontanément de nous apporter à chacun de ses voyages à Lodja, une partie de nos volumineux colis. Nous recevons donc au fur et à mesure des semaines, des cartons qui font à chaque fois notre grande joie !
 
  
De gauche à droite: Shopping de nouilles, sel, moutarde etc. dans une alimentation à Kin; pique-nique quotidien; repas avec les prêtres là où nous logions.

 
A gauche, chez le pilote Guy avec la grille de barbeucue qu'il nous a offerte pour Lodja; à droite: dans l'avion avant d'atterrir à Lodja
 
 
 


Contenu modifié le 17 décembre 2009 à 11h04

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Le 16 décembre 2009 à 15h39
Des trous en moins sur la piste d'atterrissage


Par Arnaud.

Comme vous avez pu le lire dans l’article « Du travail, encore du travail ! », nous apprenons début novembre que le pilote de la liaison hebdomadaire Kinshasa-Lodja a endommagé son hélice en atterrissant sur la piste en terre de Lodja. Le résultat ne se fait pas attendre et l’avion repart à vide, sans ses passagers, le pilote ne souhaitant courir aucun risque. Le constat est sans appel. Si rien n’est fait pour boucher les trous les plus importants de la piste, rendant risqué un atterrissage par temps de pluie, l’avion n’atterrira plus. Cela couperait définitivement le Sankuru du reste du pays en raison de l’absence totale de route vers les autres provinces de la RDC.
Devant l’urgence de la situation, la Caritas-Tshumbe (c’est nous !) a convoqué une réunion avec les volontaires AVOCADES (Association des Volontaires de Caritas pour le Développement du Sankuru) et en 3 jours les trous les plus dangereux ont pu être comblés. L’avion a pu atterrir la semaine suivante dans de bonnes conditions.

  
De gauche à droite, début novembre: Les volontaires d'AVOCADES; Les volontaires en train de travailler; Arnaud au compacteur


Nous avons cependant décidé de ne pas en rester là.

Après avoir rencontré le directeur de la RVA de Lodja (Régie des Voies Aériennes Congolaises, la société qui gère les aéroports au Congo), on a décidé de refaire complètement la piste.
En effet, si on décide de refaire toute la piste avec la terre argileuse de Lodja (en asphalte, ce serait hors de prix compte tenu de l’impossibilité de trouver le matériel et la matière première sur place), de plus gros porteurs à hélice pourront atterrir. Jusqu’à maintenant, le plus gros avion à atterrir à Lodja est un Focair de 60 places. L’avion cargo n’est pas plus gros. Hors, si on refait toute la piste, des avions 2 à 3 fois plus gros pourraient atterrir. L’enjeu est donc de taille. Le fret verrait son prix diminuer et les marchandises pourraient arriver en quantité, beaucoup plus facilement à Lodja (rappelons que Lodja et la province entière ne sont accessibles que par avion, ou pour le fret, par bateau, mais ça met plusieurs mois). Les marchandises importées verraient donc leur prix diminuer ce qui n’est pas un luxe vu l’enclavement de la région et la difficulté de se procurer n’importe quel produit manufacturé. Cherchez donc un paquet de pâtes au marché, vous trouverez parfois mais à 4€ les 250g car elles viennent par avion de Kinshasa !

  
De gauche à droite: la piste d'atterrissage de Lodja; Arnaud avec Monseigneur Djomo et le directeur de la RVA Lodja après les travaux puis avec le pilote Guy, un belge.
 

On a donc chiffré les quantités de terre et de termitières (indispensable pour solidifier l’ouvrage !) à apporter, le nombre de trajets à effectuer en camions et en tracteur, le carburant à fournir pour le compacteur, et décidé de présenter ce nouveau projet à Kinshasa en espérant rencontrer le Président le la RVA pour lui soumettre ce projet qui nous paraît important pour le développement du Sankuru.

Autre intérêt de ce projet, loin d’être négligeable, les avions des ONG et de la MONUC (Nations Unies) aujourd’hui interdits d’atterrissage sur la piste de Lodja en raison de son état, seraient à nouveau autorisés, ce qui faciliterait l’acheminement de l’aide humanitaire aux villages sinistrés (en termes de santé et de nutrition surtout) et la venue plus systématique des humanitaires.

Contenu modifié le 16 décembre 2009 à 16h30

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Le 16 décembre 2009 à 15h23
Projet de réhabilitation d'une école


Par Arnaud.

Après 3 mois de mission à Lodja et de visites sur le terrain, nous avons pu identifier 2 pistes de nouveaux projets pour la Caritas : la réhabilitation d’un complexe scolaire (école primaire + Institut du secondaire) et la réfection de la piste d’atterrissage en terre de l’aéroport de Lodja (cf. article « Des trous en moins sur la piste d’atterrissage »).

En ce qui concerne la réhabilitation du complexe scolaire, nous sommes partis du constat simple que sans toits ni bancs, avec des murs en terre qui s’effondrent, il est difficile d’étudier. Un exemple frappant : les cours s’arrêtent dès qu’il pleut ! On est assez bien placés pour le savoir car il s’agit de l’Institut où Anne-Charlotte enseigne le Français et moi l’Informatique (de manière plutôt artisanale étant donné que je n’ai pas d’ordi sous la main…) !

  
De gauche à droite: Arnaud pendant son cours d'Informatique et A-C avec sa classe de Français

Le point de départ de ce projet est donc surtout la dégradation avancée des locaux. La situation est critique puisque les élèves désertent de plus en plus l’établissement en raison des mauvaises conditions d’enseignement alors que c’est le seul établissement public du coin, donc le plus accessible en termes de prix. Du coup, de nombreux élèves qui n’ont pas les moyens préfèrent renoncer à leurs études plutôt qu’étudier dans de mauvaises conditions. Les plus fortunés, choisissent de faire plusieurs kilomètres à pied pour étudier dans des écoles privées, plus chères avec un enseignement réputé de moins bonne qualité que l’enseignement catholique. Ceci n’est pas très encourageant pour un quartier pourtant en plein essor économique et démographique.
C’est donc pour redonner tout son rayonnement à cet établissement catholique public, dans un quartier en plein expansion, que la Caritas a choisi de privilégier ce projet. Pour l’instant rien n’est encore fait mais on fait tout pour qu’il aboutisse…
L’idée est que les élèves du quartier de Shinga puissent de nouveau étudier près de chez eux, dans de bonnes conditions à un tarif raisonnable.

  
Des salles de classe en piteux état à l'Institut Shinga

Nous avons donc chiffré la réhabilitation de l’ensemble des locaux en proposant aux bailleurs de fonds des méthodes pour assurer la pérennité du projet et l’entretien des bâtiments. En effet, de manière générale dans les établissements publics, les recettes liées aux inscriptions des élèves ne permettent pas de couvrir les frais généraux (craies, papiers, paye des professeurs non encore agréés par l’Etat) et encore moins l’entretien des bâtiments. Aussi, nous avons imaginé de construire des citernes pour recueillir l’eau de pluie pour qu’ils puissent la vendre aux habitants du quartier. La demande sera forte parce que l’eau constitue souvent un problème à Lodja. Quasiment personne n’est capable de stocker l’eau de pluie, alors qu’il pleut presque tous les jours, car pour cela il faut un toit en tôle et une citerne. Du coup la plupart des habitants de Lodja doivent acheter l’eau de la Regideso (véridique comme nom), la compagnie qui gère l’eau dans tout le Congo. Malheureusement le prix du litre n’est pas donné…

 
Le système de citerne avec des fûts soudés entre eux, pour récupérer l'eau de pluie. Ici, la citerne de chez nous (600 litres).

L’établissement scolaire aura donc un complément de revenu en revendant son eau de pluie à un tarif inférieur à celui de la Regideso, afin de permettre son autofinancement et d’alléger un peu les factures des habitants du quartier.
Nous avons aussi mis l’accent sur la formation des enseignants et des élèves à l’entretien d’un potager (avec revente des récoltes toujours pour assurer l’autofinancement de l’Institut), la formation du directeur aux techniques simples de gestion etc.
Ce projet n’est donc pas uniquement axé sur la réfection des bâtiments. On voit bien trop souvent ici de beaux bâtiments issus de financements extérieurs qui tombent en ruine parce qu’ils ont été mal gérés…
L’enjeu se situe surtout dans la sensibilisation du directeur et des professeurs à l’entretien de leurs bâtiments sur le long terme, au maintien de l’équilibre des recettes et des dépenses, et à la formation pédagogique des élèves sur des techniques simples d’agriculture (peu de gens pensent à cultiver la terre pour pourvoir à leurs besoins alors que beaucoup de cultures vivrières poussent quasiment sans entretien).

Contenu modifié le 17 décembre 2009 à 09h59

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Le 09 novembre 2009 à 14h13
Du travail, encore du travail!


Par Anne-Charlotte.
Beaucoup nous demandent « Alors, ça y’est, vous avez les sous ? ». Et non, toujours pas les sous de cette fameuse route, dont le premier tronçon de 150km rallie Lodja à Tshumbe, notre évêché. Les choses avancent néanmoins, doucement mais sûrement. Nous devons nous attendre à partir un de ces vendredis (le vendredi est le jour de l’avion hebdomadaire) pour une semaine à Kinshasa, pour aller chercher ces fameux sous. Et oui, pas de banques à Lodja, uniquement Western Union, et on ne récupère pas 1,5 millions de dollars par Western Union. C’est donc en avion que nous irons chercher ces sous :-) Et nous profiterons de cette semaine à Kinshasa pour rencontrer plusieurs des bailleurs de fonds de Caritas, notamment CRS (Catholic Relief Service) et le Rotary.

 
L'avion qui atterrit à Lodja; Visite au Ministre Lambert Mende de passage à Lodja

Notre activité sur cette route n’ayant pas encore commencé, nous nous sommes lancés dans d’autres projets, qui nous occupent maintenant bien comme il faut ! Arnaud a monté tout un projet pour la réhabilitation d’un institut secondaire et d’une école primaire, nous avons organisé la logistique pour la venue d’une délégation des Nations Unies pour un mois à Lodja, j’ai commencé à donner des cours de Français et Arnaud des cours d’informatique, Caritas a réhabilité une partie de la piste d’atterrissage de Lodja…Et surtout nous passons beaucoup de temps autour de réunions au sujet de l’organisation interne de Caritas. C’est un gros boulot car il y a beaucoup de changements, ça prend du temps et les différences culturelles s’imposent à nous grandiosement dans notre mission de management humain. Ce n’est donc pas toujours facile, certaines questions sont difficiles car nous n’avons pas encore l’expérience derrière nous mais nous apprenons beaucoup, et l’humilité si chère à Fidesco nous aide beaucoup. Nous sentons aussi que l’évêque est vraiment content de notre venue et du déroulement de nos premières semaines, ce qui nous encourage beaucoup ! C’est aussi lui qui donne les consignes à Antoine de nous bichonner, ils n’ont pas eu de volontaires Fidesco à Lodja depuis 1982, ça faisait des années qu’ils attendaient ça donc disons qu’ils ont envie que tout se passe bien et que la relève soit assurée par d’autres volontaires dans 2 ans après notre départ :-)

 
Monseigneur Djomo, évêque de notre diocèse, le pilote de l'avion et le responsable de l'aéroport de Lodja; A droite: Apéro à la maison avec Joseph pour parler de ma future fonction de responsable financière du projet "Ecole maternelle" financé par une fondation allemande.

Comment se passent les semaines à Caritas jusqu’à maintenant ?
Les journées commencent à 9h, nous rentrons chez nous de 12h30-13h à 15h et nous finissons la journée vers 18h30. Ce sont des horaires « théoriques », valables en mode « hors gros projet » mais qui, d’après ce qu’on a compris, se rallongeront significativement quand LA route arrivera. Nous passons nos journées à travailler sur l’Institut et l’école primaire (Arnaud), à être en contact avec les Nations Unies pour clore le contrat de location de Jeeps qu’on a avec eux pour un mois (c’est moi qui m’en occupe), à écrire des lettres pour Antoine car on tape plus vite sur le clavier (c’est moi en général), à faire des points budget et comptabilité avec Jean-Pierre (le comptable) pour mettre à plat les finances de Caritas et comprendre comment le fond de caisse est géré (ça c’est Arnaud qui a pris la main), à faire des allers-retours à l’aéroport pour suivre les travaux de réhabilitation de la piste (ça c’était la semaine dernière), à rencontrer des associations qui souhaitent nous souhaiter la bienvenue, à gérer les flux de carburants pour les Jeeps, les motos, le générateur de Caritas (qui nous fournit Internet et l’électricité), à donner nos cours de Français et d’Informatique, à prendre en main la gestion financière du projet de construction d’une école maternelle (projet monté par Fidesco et financé par une fondation allemande) (ça c’est moi qui vais le prendre en charge), à gérer la situation « de crise » survenue à la suite du départ de notre informaticien cette semaine, sans qu’il ne nous ait donné de préavis… tout ça tout ça, ce sont toutes ces « petites » choses qui nous occupent depuis quelques semaines maintenant.

  
Dans notre bureau et Photo d'équipe à Caritas; A droite: réunion tardive à l'extérieur car lle soir il n'y a plus assez de lumière dans le bureau

Tous les samedis matin, nous faisons une réunion de travail à trois, avec Antoine, chez lui. Cette réunion nous permet d’aborder tous les points dont nous n’avons pas le temps de parler la semaine, de prendre des décisions et d’établir l’ordre du jour pour notre réunion le mardi matin avec toute l’équipe Caritas. Ces deux réunions sont très importantes pour nous, elles nous permettent de bien discuter avec Antoine, de comprendre beaucoup de choses, et de beaucoup échanger ensuite le mardi matin avec le reste de l’équipe. En effet ici lors des réunions tout le monde prend la parole, tout le monde s’écoute, on ne se coupe pas la parole, tout le monde donne son point de vue, ça prend donc beaucoup de temps mais c’est très instructif et ça apprend à écouter les gens jusqu’au bout de leur idée. Quand on prend la parole on commence par dire merci, c’est marrant. Les décisions sont très démocratiques, elles prennent en compte les avis de chacun, ce n’est pas simple mais c’est intéressant et ça change beaucoup de notre système français. Ces réunions du mardi nous permettent aussi de faire comprendre à l’équipe notre point de vue, notre vision, notre approche. Et c’est important car en tant que missionnaires au service du diocèse, pris en charge mais sans salaire, l’approche n’est pas la même que celle de l’équipe précédente, nous n’avons pas les mêmes intérêts car nous n’avons dans notre mission aucun intérêt financier. Cela fait partie des changements à Caritas et c’est ce type de changement que l’évêque souhaitait en faisant venir des missionnaires.

  
Réunion de travail le samedi chez Antoine, suivie du déjeuner (les bouteilles sur la table, c'est de l'eau...)


Réunion d'équipe à Caritas le mardi matin

 

Quoi d’autre ? Quelques projets par exemple.
Je laisse le soin à Arnaud de vous parler du projet de réhabilitation de l’Institut secondaire Shinga et d’une école primaire. Il a beaucoup travaillé dessus, s’est beaucoup investi donc il prendra le temps d’en parler un peu plus en détail dans un article dédié.

  
De gauche à droite: visites à l'Institut Shniga puis à l'école primaire; Réunion de travail avec Placide sur le projet de l'Institut Shinga

Un autre projet que nous avons suivi est la réhabilitation de la piste d’atterrissage de Lodja. Il y a quinze jours, Antoine se trouvait le vendredi matin à l’aéroport et a rencontré le pilote de l’avion. Celui-ci était furax en raison de trous dans la piste d’atterrissage qui commençaient à devenir vraiment dangereux. Il a donc posé un ultimatum : si la piste n’est pas réparée d’ici vendredi prochain je n’atterris plus ! Qui dit plus t’atterrissage dit plus d’avion à Lodja dit catastrophe quand on sait que cet avion hebdomadaire est le seul lien que Lodja a avec le reste du monde, en plus du téléphone portable et de la connexion internet de Caritas…mais qui dit plus d’avion dit plus de carburant, donc plus de générateur à Caritas et donc plus d’Internet. Bref, la cata pour l’enclavement du Sankuru et donc de Lodja.
Arnaud et moi étions alors à une réunion avec AVOCADES, l’Association des Volontaires formés par Caritas pour le Développement du Sankuru. Antoine, avec son tempérament de feu, a déboulé survolté à la réunion, a motivé tous les volontaires pour réhabiliter cette piste, en une après-midi le projet était bouclé : Caritas fournirait le matériel pour les travaux (pelles, bèches, houes, râteaux, machettes…), AVOCADES fournirait la main d’œuvre volontaire donc gratuite et la RVA (la société gérante de l’aéroport) fournirait le carburant et la location d’un camion pour transporter la terre. Les travaux ont commencé le lundi matin et se sont terminés le mercredi soir, ce qui a permit au pilote d’atterrir vendredi comme prévu :-) Un projet « express » donc mais nécessaire, qui donne surtout à la population de Lodja un bel exemple de travail gratuit, un exemple de mobilisation pour le désenclavement du Sankuru, une mobilisation pour leur propre désenclavement.

Quelques photos des travaux effectués sur la piste d'atterrissage de Lodja

  
L'aéroport de Lodja et la piste d'atterrissage; Réunion avec les membres d'AVOCADES pour faire l'état des lieux avant les travaux
 
   
De gauche à droite: Remise en main des outils aux ouvriers pour commencer les travaux; Atelier montage de brouettes; Le camion part chercher de la terre rouge pour les travaux

   
Les travaux sur la piste d'atterrissage et Arnaud au compacteur

 
Les Lamonne à l'aéroport et Réunion chez Antoine pour remercier les volontaires de AVOCADES pour les travaux effectués sur la piste d'atterrissage
 

Enfin, cette semaine a marqué le début de mes cours de Français et des cours d’informatique d’Arnaud. Je donne cours 5 heures par semaine à l’Institut Shinga (celui qui fait l’objet du projet de réhabilitation porté par Arnaud) à des élèves qui ont entre 13 et 19 ans (environ 25 élèves, selon les présences), et Arnaud donne cours 1 heure par semaine à des élèves de 1ère (16-17 ans).
La semaine dernière, nous avons assisté aux cours de Placide, qui assurait les cours avant que je ne commence. Nous voulions voir un peu comment était abordé l’enseignement ici avant de nous jeter à l’eau. Et bien la différence est grande ! Je ne vous parle pas de l’état matériel de l’Institut dont j’ai déjà parlé (pas de tables, un tableau en planches de bois, des feuilles d’arbre pour effacer le tableau, pas de manuels scolaires, pas de feuilles, un tout petit cahier par élève, des trous dans les murs…), je parle surtout de l’approche pédagogique bien différente ! Ici les élèves sont rabaissés, ils entendent toute la journée qu’ils sont nuls, qu’ils ne savent pas parler, qu’ils sont mauvais. Une approche donc qui n’est pas vraiment la mienne, surtout avec papa (qui est dans l’enseignement pour ceux qui ne savent pas) que j’ai toujours entendu dire qu’il faut tirer les enfants par le haut, les valoriser pour leur montrer qu’ils sont capables de faire aussi bien que tout le monde. Le niveau est en effet très bas, certains élèves de 19 ans ne savent pas écrire leur prénom, d’autres ne comprennent tout simplement pas ce qu’on dit. Nous avons donc commencé doucement, avec les présentations de chacun, et des questions comme « à quoi sert le français ? » « à quoi ça sert de travailler ?’ » « qu’est ce que vous aimez faire dans la vie ? »…Ces questions me servent pour le moment à les faire parler, voir un peu quel est le niveau des élèves en français, profiter de leurs réponses pour corriger les erreurs de français…Pour le moment on en est à on ne dit pas « j’aime jouer le football » mais « j’aime jouer au football », on ne dit pas « je veux être le médecin » mais « je veux être médecin », on ne dit pas « je n’aime pas de bruit » mais « je n’aime pas le bruit », etc. etc. Du basique de chez basique mais ce challenge pédagogique me plait beaucoup, la relation avec les élèves, leur montrer qu’ils sont tous capables de progresser, les voir progresser…j’en ai déjà un qui a répondu « j’aime la dame du Français » à la question « qu’est ce que vous aimez faire dans la vie ? », ça m’encourage !

  
De gauche à droite: Nous assistons à un cours de Français de Placide; Attente avant nos premiers cours la semaine suivante
 

Quant à Arnaud il enseigne
l’informatique, sans ordinateurs, ni claviers. Sur ses 10 élèves, seuls 2 ont déjà vu un ordinateur…on part donc de loin !! Mais il est ravi de cette mission, motivé, il a aussi des professeurs qui veulent assister à son cours, un véritable engouement pour cette matière, pour l’ordinateur, qui dixit les professeurs « est déjà arrivé à Lodja, c’est obligé d’apprendre l’ordinateur ». Le matériel n’a beau de pas être là la motivation, elle, est bien là. Et c’est déjà pas mal !

Le travail est donc arrivé jusqu’à nous, il y a du boulot et nous n’aurons pas trop de deux ans !
On pense à vous tous, merci pour vos mails qui nous boostent, nous font rire, nous font nous dire qu’on a de la chance de vous avoir :-) Tous vos petits messages nous rappellent qu’on est loin mais pas si loin que ça après tout !

Contenu modifié le 12 novembre 2009 à 17h30

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