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Blog de arnaudannecharlotte :

Mission Fidesco à Lodja au Congo (RDC)

Le 30 mars 2010 à 12h33
Culture et Développement


Extrait de notre Rapport de Mission n°2 daté de mars 2010.
 
Ces différences culturelles (cf. article « Culture et différences ») font l’objet de surprises quotidiennes, nous étonnent, nous questionnent, nous font réfléchir et nous font prendre conscience de la richesse et de la variété humaine. Certaines spécificités culturelles peuvent quant à elles desservir la population et sont souvent au cœur des débats lorsqu’il s’agit de développement local.
 

Echange avec des pasteurs protestants et Pierre et Béatrice, sur le développement local.

 
La vie au jour le jour
Tous les jours les gens remercient Dieu d’avoir passé la journée et d’être encore en vie. La vie ici se vit au jour le jour, rien n’est prévu en avance, tout arrive de façon improvisée. Cette mentalité et ce rapport au temps constituent un frein au développement car la population a beaucoup de mal à prendre des initiatives sur du long ou moyen terme : les gens agissent dans une logique de subsistance plutôt que dans une logique de développement.
 
Les croyances injustifiées
Le Sankuru regorge d’ananas, de bananes, de papayes, de maracuja, de noix de coco, d’oranges et beaucoup d’autres fruits encore. Pourtant les gens n’en mangent pas et manquent de vitamines. Plusieurs raisons à cela : non seulement ce n’est pas dans leurs habitudes alimentaires (habitudes principalement axées sur le riz et les feuilles de manioc) mais en plus beaucoup de fruits font l’objet de croyances injustifiées. Par exemple, les papayes : il n’est pas bon d’en manger car ce serait un signe de pauvreté et ça donnerait des hémorroïdes ! Quant aux protéines elles sont à portée de main ou plutôt à portée de poule : les poules sont là en quantité mais personne n’achète d’œuf de peur qu’il soit pourri.
 
« Si Dieu le veut »
Les gens ici remettent tout dans les mains de Dieu : ils oublient souvent que ce même Dieu a dit « Tu mangeras à la sueur de ton front » et non
pas « Tu mangeras à la sueur de tes prières ». Il faut donc aider les gens à se remettre au travail, leur faire prendre conscience que c’est en travaillant que l’on mange et que c’est en travaillant qu’ils pourront prendre leur propre développement en main.
 
La sorcellerie
Nous n’y avons pas encore été confrontés directement mais nous en entendons beaucoup parler. Beaucoup ici s’en remettent aux dires des sorciers plutôt qu’au bon sens. Des enfants trop malades peuvent ne plus être soignés car on pense qu’ils sont ensorcelés, des fruits pleins de vitamines sont laissés à l’abandon car le sorcier du village a dit qu’il ne fallait pas les manger. De par leur influence les sorciers représentent donc un grand frein au développement pour une population qui, trop souvent, agit à l’encontre de son propre intérêt pour des raisons de sorcellerie.

 


 

Contenu modifié le 01 avril 2010 à 11h11

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Le 30 mars 2010 à 12h31
Culture et différences


Extrait de notre Rapport de Mission n°2 daté de mars 2010.

Ces derniers mois nous ont donné l’occasion de mieux comprendre et mieux appréhender notre nouvel environnement et les coutumes qui l’animent. A force de rencontres et de discussions avec les autorités locales, les ONG, ou Pierre-Albert et Béatrice, nous identifions peu à peu certaines problématiques qui reviennent de façon récurrente dans les conversations. Beaucoup de choses sont encore un mystère pour nous, les incompréhensions sont encore grandes mais petit à petit notre apprentissage de la culture se fait et l’environnement dans lequel nous vivons se précise.

Relation à l’argent : l’argent est dépensé aussitôt qu’il est gagné. Les Congolais n’ont pas de notion en termes de gestion ou d’épargne : Si quelqu’un gagne 30$ par mois et touche une prime de 100$, il va tout dépenser le jour même sans penser qu’il peut investir dans du bétail ou mettre un peu d’argent de côté pour faire face aux imprévus de santé ou aux frais scolaires. Ce n’est pas de la mauvaise volonté, c’est juste que ce n’est pas du tout ancré dans leur culture et dans leur façon de fonctionner.
 
Enseignement : les élèves du primaire répètent tous ensemble les phrases que dit le professeur ; c’est un véritable concert ! Si vous entrez dans une classe, les élèves se lèvent, croisent les bras au niveau de la poitrine et disent en cœur « Bon-jour Mon-sieur Ar-naud ! Bon-jour Ma-dam-e An-ne-Char-lotte ! ».
 
Rapport à la hiérarchie : il est très fort et la soumission à la hiérarchie est presque totale.
 
Place de la femme dans la société : La femme congolaise est polyvalente : enfants, cuisine, travail aux champs, prières, lessive…elle assure la vie de sa famille et de sa communauté. Lorsqu’on passe un moment avec un couple on n’entend très peu parler la femme car l’homme répond à sa place ; c’est assez frustrant quand on veut créer des liens car il est très difficile d’avoir une conversation avec une femme si son mari est à côté d’elle.
 

Défilé de mamans à Lodja
 
L’enfant à Lodja : l’enfant ici est un « petit adulte », il marche plusieurs kilomètres, il porte plusieurs litres d’eau sur sa tête, il vend des fruits et des légumes (à partir de deux ans parfois), il coupe la nourriture à la machette…mais il garde son sourire et sa voix et d’enfant.
 
 
Un petit garçon avec son petit frère; Une petite vendeuse de savon
 
Respect du plus vieux : le plus ancien, quel que soit son âge, a le respect de tous, il est écouté et a une place privilégiée dans le groupe. C’est un « grand frère ».
 
Un chef de village
 
Rapport à la nourriture : la nourriture est la priorité dans le budget et une préoccupation de tous les jours : on entend souvent « si on trouve, on mange ; si on ne trouve pas, on mangera quand on trouvera ».
 
Rapport à la vie et à la mort : la mort fait partie de la vie, quelques jours après un décès il faut « passer à autre chose ». La vie est un don que l’on reçoit chaque jour.
 
Rapport au temps : dans notre culture occidentale, le temps est linéaire : il passe et s’il n’est pas utilisé il devient du « temps perdu » ; ici, le temps est circulaire et se répète comme le mouvement des aiguilles d’une montre : si on ne fait pas quelque chose en temps voulu ce n’est pas grave, le temps se répétant il n’est jamais perdu…et tout peut ainsi être remis à plus tard.
 
  

15h : début théorique de la chorale ; 15h30 : pas beaucoup plus de monde ; 15h45 : on commence…



 

Contenu modifié le 01 avril 2010 à 10h45

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Le 30 mars 2010 à 12h29
Pistes pour la suite...


Extrait de notre Rapport de Mission n°2 daté de mars 2010.
 
Nous avions évoqué dans notre précédent rapport le projet d’une route de 150 km à construire pour faciliter les échanges entre Lodja et la ville de Tshumbe. Ce projet voté par le gouvernement tarde à être financé. Une visite très prochaine du Président de la République Démocratique du Congo, Monsieur Joseph Kabila, à Lodja même, devrait sans doute débloquer la situation. En attendant, nous essayons de forcer de nouvelles portes pour contribuer au désenclavement du Sankuru et à l’aide aux plus vulnérables.
 
Nous suivons toujours de très près les projets de réhabilitation de la piste d’atterrissage de l’aéroport de Lodja et de réhabilitation du complexe scolaire de Shinga évoqués dans notre précédent rapport. La Régie des Voies Aériennes Congolaises devrait financer une partie du projet « aéroport » tandis que nous avons des pistes sérieuses du côté de l’Unicef et du Pooled Fund pour le complexe scolaire. Pour l’instant rien n’est encore joué, mais nous gardons espoir ! Affaires à suivre…
 
Réhabilitation de la route de Lodja vers le port de Kela
Suite à notre séjour à Kinshasa fin novembre, nous avons entamé une discussion avec la Coopération Technique Belge pour réhabiliter la piste qui relie Lodja au port fluvial le plus proche, Kela, à 110 km de Lodja. Cette route a une grande importance stratégique car c’est par cet axe que transite tout le fret acheminé par bateau depuis Kinshasa. De même, les excédents de denrées agricoles produites au Sankuru partent vers Kinshasa depuis le port de Kela. Cette piste Lodja-Kela est dans un très mauvais état, ne permettant qu’aux camions les plus robustes de l’emprunter. Par temps de pluie, il est même impossible de circuler pour les vélos, motos et camions : les produits manufacturés en provenance de Kinshasa arrivent donc à Lodja au compte-goutte et sont vendus à un prix trop élevé pour la population locale. En réhabilitant cet axe, les échanges du Sankuru avec le reste du pays devraient s’intensifier et le prix des produits manufacturés devraient diminuer.
 
Pour se rendre compte de l’état de cette route et commencer à réfléchir au projet, nous nous sommes rendus à Kela en moto avec l’abbé Antoine et Jean-Pierre, le comptable de la Caritas. Cette expédition nous a permis de bien discuter avec les chefs des villages situés sur cet axe, de leur poser toutes les questions que nous avions pour bien comprendre l’économie locale, le nombre de commerçants ayant des camions ou bateaux, le potentiel agricole et les enjeux pour la population locale. Ce voyage de 24 heures a été le point de départ pour ensuite présenter et impliquer les acteurs locaux, les commerçants et l’Administration du Territoire dans ce projet de réhabilitation d’intérêt publique.
Cette initiative de projet a été très bien accueillie et ces institutions soutiennent pour le moment la Caritas dans son entreprise. L’idée est surtout d’impliquer dès maintenant les commerçants représentés par la FEC (Fédération des Entreprises Congolaises - en quelques sortes le Medef du Congo) pour réfléchir aux moyens d’entretenir cette route après sa réhabilitation. Les principaux utilisateurs devraient ainsi être les payeurs et responsables de l’entretien de la route, pour en éviter une utilisation abusive et une nouvelle dégradation.
 
  
De gauche à droite: départ en moto vers Kéla; Discussion avec le chef de village; visite des ports privés de Kéla
 
L’aboutissement de ce projet encore embryonnaire prendra sans doute de nombreux mois, si bien sûr nous trouvons les financements !
 

Emissions de radio sur le thème de la nutrition
Pour suivre la ligne convenue avec notre évêque en termes de formation, nous réfléchissons actuellement à un projet de formation-information sur la nutrition. Nous nous sommes naturellement portés sur ce domaine suite à de nombreuses conversations au cours desquelles revenait toujours le même constat : le taux de malnutrition à Lodja est anormalement élevé alors que tout pousse et que vitamines et protéines sont à portée de main. La nourriture est là, il ne manque à la population que l’information sur les bases de la nutrition et sur la façon d’utiliser les aliments qu’ils ont à leur disposition.
 
Dans cette perspective, nous aimerions lancer prochainement un programme de plusieurs émissions de radio dont nous travaillons le contenu avec des experts de la FAO (Food and Agriculture Organization) des Nations Unies ou d’autres ONG actives dans ce domaine. Ces émissions, sous forme de tables rondes avec les spécialistes, seront animées par la Caritas-Tshumbe. Nous en sommes encore à la phase de conception des émissions.

 
Réunion mensuelle avec des experts en nutrition; Préparation des émissions avec un membre de PRONANUT (Programme National pour la Nutrition)
 

 

Contenu modifié le 01 avril 2010 à 10h42

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Le 30 mars 2010 à 12h27
Deux nouveaux projets financés


Extrait de notre Rapport de Mission n°2 daté de mars 2010.
 

Le Projet « Vélos Caritas »
La veille du réveillon du nouvel an, l’idée germait au cours d’une discussion avec Pierre et Béatrice, de se lancer sur la voie du microcrédit auprès des jeunes. De nombreux jeunes ayant obtenu leur bac « chôment » à Lodja après leurs études secondaires, faute de pouvoir payer leurs études universitaires. En parallèle, nous avons pu constater que le vélo est le moyen de transport numéro 1 dans la région. Des centaines de vélos sillonnent la province sur plusieurs centaines de kilomètres avec des charges pouvant atteindre 200 kilos pour livrer marchandises, denrées agricoles, matériel de construction, kits humanitaires, etc.
 

Transport de marchandises en vélo
 
Face à ces deux constats, est né le projet « Vélos Caritas ». L’idée consiste à acheter 10 vélos que nous confions à 10 jeunes. Chaque jeune rembourse petit à petit son vélo avec le fruit de ses courses. Avec l’argent du vélo remboursé, la Caritas achète un nouveau vélo et en fait profiter un autre jeune. L’objectif est que chaque jeune puisse gagner son vélo et s’en servir après comme outil de travail pour gagner un peu d’argent pour financer ses études universitaires.
 
Le 2 janvier le projet était rédigé et soumis au Rotary en France, un bailleur ayant déjà financé des projets Caritas. L’aide financière que nous recherchions pour ce projet était destinée à l’achat des premiers vélos, à la communication du projet à la radio et à la construction du local à vélos. Trois jours après nous versions des larmes de joies en découvrant un e-mail du Rotary nous informant que notre premier projet était financé !
 
Beaucoup de travail sur ce projet simple en apparence mais très prenant dans sa mise en œuvre. L’occasion de gérer un réparateur de vélos, de recevoir les jeunes pour leur expliquer le principe du projet, de faire face aux imprévus permanents et aux incompréhensions culturelles, de gérer un budget, de se rapprocher de l’équipe Caritas pour la mise en œuvre de ce premier projet et, surtout, de commencer à « mettre les mains dans le cambouis » !
 
 
Réparation d'un vélo d'occasion, avec le réparateur de vélo; Brief avant le départ de la première promotion
 
Au mois de février, la première équipe de 10 vélos est partie livrer plus de 150 cartons de cahiers scolaires de l’Unicef pour les écoles de plusieurs villages du Sankuru. Plus de 3 tonnes transportées sur 600 kilomètres !
 
   
Avec les vélos décorés aux couleurs de la Caritas; Départ des vélos lors de leur première course
 

Les écoles d’alphabétisation AVOCADES
Comme nous l’avions précisé dans notre précédent rapport de mission, la Caritas soutient les activités de l’association AVOCADES (Association des Volontaires formés par la Caritas pour le Développement du Sankuru). Chacun des 24 centres de cette association est organisé autour de champs et d’étangs de pisciculture, entretenus gratuitement par les volontaires. Les recettes permettent de nourrir les volontaires et leurs familles et d’aider les vulnérables (orphelins, mères-filles, personnes âgées, handicapés) de chacun des villages. Le surplus des récoltes est vendu aux villages voisins et permet de financer des pharmacies de secours dans chacun des centres et, théoriquement, la construction d’écoles d’alphabétisation gratuites pour les enfants qui n’ont pas les moyens d’aller à l’école et les mamans analphabètes.
 
 
Visite d'un centre d'alphabétisation AVOCADES; Le centre qui va pouvoir être achevé avec le matériel acheté grâce au projet financé;

 
Remise du matériel pour le début des travaux; Une partie de l'auditoire lors de la remise des outils
 
 
Le produit des récoltes étant pour le moment insuffisant pour financer la construction de ces écoles d’alphabétisation en matériaux durables, nous avons obtenu les financements pour acheter le matériel nécessaire à la construction de 2 écoles d’alphabétisation en tôles et briques adobe (briques en terre). Cette action est un premier pas, l’objectif étant de doter chacun des 24 centres AVOCADES de son école d’alphabétisation.

 

Contenu modifié le 01 avril 2010 à 10h39

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Le 30 mars 2010 à 12h25
Direction et gestion du bureau Caritas


Extrait de notre Rapport de Mission n°2 daté de mars 2010.

Arrivés dans un bureau assez « désorganisé » du fait de son inactivité, de sa trésorerie inexistante et de l’absence d’orientations stratégiques, il nous a fallu commencer par observer, comprendre, poser beaucoup de questions et être patients.

Nos observations nous poussaient vers des projets de type formation, information, microcrédits, nous attendions donc de pouvoir rencontrer notre évêque pour savoir quelles directions il souhaitait donner à la Caritas de son diocèse. Après 3 mois de « tâtonnement », une entrevue avec Monseigneur Nicolas Djomo, Président de la Conférence Episcopale Congolaise, a permis de clarifier les voies sur lesquelles nous pouvions nous engager : privilégier la formation, l’accompagnement, les projets de microcrédits encore inexistants à Lodja, aider les jeunes inactifs à travailler et repenser l’organisation du bureau de la Caritas.

 
Rencontre avec Monseigneur Djomo pour définir les orientations stratégiques de la Caritas-Tshumbe


Cette rencontre a été le coup de pouce qui nous a permis de mieux comprendre où aller dans notre mission et de pouvoir réellement « prendre en main » la gestion de la Caritas-Tshumbe.

Avec son feu vert, nous avons redéfini le rôle de chaque agent de la Caritas et rappelé à toute l’équipe la vocation de la Caritas, pour remettre le développement et l’aide aux plus démunis au cœur de nos activités à tous. Nous avons aussi dû réduire les salaires, transformer les contrats de travail à temps plein en contrats saisonniers, mettre au chômage technique notre logisticien, redéfinir des horaires de travail, etc. Tout ceci s’est fait progressivement par de longues discussions avec l’équipe qui nous a toujours appuyés dans notre action même lorsque certaines mesures allaient à l’encontre de leurs intérêts personnels.


Réunion improvisée avec les agents de la Caritas


Ces échanges ont été l’occasion de mieux nous connaître, d’installer la confiance réciproque et l’estime mutuelle. Nous n’aurions jamais cru que ce type de mesure serait l’occasion de nous rapprocher de l’équipe !

Une grande joie de la mission pour nous est d’avancer pas à pas aux côtés des membres de la Caritas et de trouver ensemble le chemin… un chemin semé d’embûches ! Il y a encore de nombreux problèmes à régler, des décisions difficiles à prendre, mais quelle joie de voir que certaines discussions portent leurs fruits et que la Caritas retrouve progressivement sa place dans le paysage de Lodja.

Cette première étape dans la « reconstruction » du bureau de la Caritas-Tshumbe constitue une belle expérience de management que nous nous efforçons de manier avec précaution. C’est aussi et, surtout pour Arnaud, l’occasion d’acquérir peu à peu sa légitimité en tant que Directeur des projets et de devenir le point de référence pour les agents de la Caritas.


Contenu modifié le 01 avril 2010 à 10h36

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