L’accueil à l’indienne…. Mode d’emploi pour être un bon invité
En général, l’invitation n’est pas bidon si : la personne est un bon ami, si la personne a renouvelé plusieurs fois l’invitation et qu’à la dernière proposition, elle vous donne une date, un lieu et une heure précise en insistant.
En Inde un invité a tous les honneurs : la meilleure place, la meilleure nourriture, aucun effort demandé. Pour nous, cela semble frustrant mais, lorsque vous êtes invité c’est votre moment de repos donc, par la culture, vous êtes obligé de rester assis, d’accepter, de recevoir les cadeaux et de manger tout ce qui est proposé.
Les cadeaux à offrir : rien, ou des apéritifs, ou des pâtisseries (60-100 roupies). Après si vous êtes expatrié, ou que les personnes ont passé 15 jours à être hyper généreux et délicats : sari pour madame (le top c’est un bijoux en or… sachant que l’or a la même valeur ici qu’en France), dhoti (tissu qui se porte un peu comme une jupe) pour monsieur, jeux pour les enfants, objet de décoration bien kitch !
Sachez que, sauf si vous offrez de l’or, ils vous gâteront plus que vous ne les gâter, c’est la règle du jeu !
Protocole - à l’entrée : enlevez vos chaussures. Si vous ne savez pas où, regardez où votre hôte les enlève et/ou où se situe le tas de chaussures !!
-A l’intérieur : Saluez chacun avec les mains jointes et « vanakkam ». Asseyez-vous là où on vous l’indique, en général un fauteuil. C’est le premier signe d’honneur que l’on vous fait. Si cela vous gène de les voir assis par terre et vous sur une chaise, sachez que eux ont l’habitude d’être assis par terre et cela ne les gène pas. Faute de meuble, ils vivent beaucoup par terre. Si le décalage de niveau vous empêche d’être à l’aise, au bout de 10 minutes, vous pouvez demander à vous asseoir par terre avec eux. Si un nouvel arrivant se joint à vous et qu’il est plus âgé (surtout si c’est le maître ou la maîtresse des lieux) levez-vous et saluez-le, les mains jointes.
Nourriture : si vous venez entre 10h-12h ou 15-18h un café/thé sera proposé, en fait je devrais dire imposé. Avec de la poudre de café, ou un sachet de thé et des plantes aromatiques (pas épicées), ils mettent du lait et BEAUCOUP de sucre. Au goûter, un soda peut aussi être proposé (fanta, sprite, et parfois du coca-cola…), le tout accompagné de pâtisseries (bien huileuses et sucrées) et de produits frits, un rien épicés comme les samossas.
Aux autres moments de la journée, votre hôte vous propose/impose un repas très copieux. C’est la façon de dire « je tiens à toi, je veux que tu restes en vie donc je te nourris ».
Hygiène : Il est normal de se laver les mains avant le repas donc on vous tend un verre d’eau et un récipient en vous montrant qu’il faut verser l’eau sur vos mains, au-dessus du récipient. Si rien ne vous est proposé, demandez-le vous même. A la fin du repas, même chose.
Mode d’emploi : toujours manger avec la main droite (et elle seule). Le matin, on vous apporte des crêpes ou des boules de riz avec une sauce. Découpez crêpes et boules de riz et trempez les petits morceaux dans la sauce.
Déjeuner : riz avec une sauce. Avec le riz, faites des boulettes et prenez les de tout vos doigts puis glissez la boulette avec votre pouce jusqu’aux bouts des doigts avant de la faire rentrer dans votre bouche. NE PAS TOUCHER SA BOUCHE. Et le soir, souvent des crêpes. Il y a peu de conversations au moment du repas, chacun est plongé dans son assiette et mange assez vite.
Si vous avez peur : -de l’eau, vous pouvez acheter une bouteille (qui se trouve à tous les coins de rue)
-d’attraper des microbes, prenez des plats chauds et pour le reste fonctionnez au feeling « je le sens bien cet aliment ou je le sens pas ».
-que ce soit trop épicé, demandez bien en insistant « without spicy » ou « not hot ». Les sauces sont souvent séparées des plats donc prenez-en le minimum et goûtez.
SI vous avez la bouche en feu : prenez du riz nature ou des crêpes indiennes ou du yaourt… allez, ça va passer !
-d’avoir le ventre qui explose, refusez fermement (surtout d’être resservi) avec beaucoup de délicatesse (assez= « enough » en anglais = « poodum »en tamil) en mettant la main au-dessus de votre assiette et en repoussant le plat dans lequel votre hôte comptait piocher pour vous en resservir.
Votre joker pour tout refus alimentaire: dites que vous avez mal l’estomac, au pire que vous revenez de l’hopital et que vous prenez des médicaments ("I take tablets" en anglais ) cause de cela (problèmes d’estomac « stomach pain » en anglais = « vali » en tamil )
Le départ : ils mettront du temps à vous laissez partir. Vous aurez des danses à admirer, des discussions, des albums à regarder, des enfants à prendre dans vos bras, la télévision quand il faudra attendre le plat suivant…..Vous pouvez dire (et le redire plusieurs fois) qu’il faut que vous soyez rentré pour ….heure. Et, à un moment donné, 3 heures plus tard, votre hôte va dodeliner de la tête et vous demander « on y va ? ». Alors foncez sur l’occasion, prenez vos sacs et saluez chaque personne une par une : serrez les mains ou saluez avec les mains jointes à la poitrine (selon les hôtes). Remerciez pour l’accueil, dites « que Dieu bénisse cette maison, cette famille »
Cadeaux reçus : toujours vous repartirez avec, en plus des kilos que vous venez de prendre, des cadeaux … Je suis toujours émerveillée, et surprise, de voir qu’ils n’attendent rien, et donnent tout: leur plus beau sari, de l’argent, les meilleures mangues (alors qu’elles sont rares en janvier), de la viande (alors qu’ils n’en mangent jamais car c’est trop cher). Vous ne savez pas quoi dire hein ? Il reste juste à apprendre à recevoir, avec le sourire. Que faire d’autre ? Priez pour eux, et pour ces familles qui savent combiner joie et partage.
On voit souvent l’Inde comme un endroit magique plein de dorure : Aladin et la lampe magique, le trésor d’Ali-Baba, les maharadjas enturbanés dans leur palais.Alors il en reste des palais mais en général délabrés ou des musées ayant perdu leur dorure. Par contre il y a des beaucoup de personnes très riches : des maisons, des hôtels, des grands centres commerciaux qui brillent de milles feux. Mais il y a aussi toutes ces femmes en saris…elles n’ont pas d’âge, sont restées belles avec beaucoup de charme. Et je ne vous cache pas que quand certains indiens posent leur regard sur vous, vous restez bête, comme par enchantement !
On voit l’Inde comme un pays de fous où les occidentaux ne reviennent pas intacts…la légendes de Mowgli nous renvoie les singes fous (Bandarlogue), le serpent Kaa envoûtant. Mon état au retour vous confirmera ces propos !! Disons qu’ici certains viendront fumer des produits illicites des malades au niveau psychiatrique peuvent passer pour des sages ici. Par contre, il existe aussi des gens qui délirent juste ici en Inde (aucun symptôme psychiatrique au retour en France) : cette foule si bigarrée, ce sentiment de former un tout, cette religion avec ses castes et ce sentiment d’éternel recommencement…
On voit souvent l’Inde comme une ville grouillante : La cité de la joie, avec ses 1milliards 3 d’habitants… c’est sûr qu’on se sent rarement seul. On pense que si on est débrouillard, on peut se fondre dans la masse et faire ce qu’on veut…. « De toute façon il y a de la corruption à tous les niveaux ». C’est vrai qu’on peut s’en sortir quand on fait partie d’une communauté. Chacun va faire du marché noir, connaître des bons filons avec le copain d’un tel qu’il connait…bref essayer de s’en sortir dans cette marée humaine. C’est vrai que cette foule entraîne un état d’esprit de masse, un grand sentiment/une grande importance de communauté…et la place de l’individu est toute petite. On répète tous la même chose (prières, poèmes, gestes millénaires) sans se poser de questions et souvent sans comprendre. Cette foule amène le bruit : en permanence le klaxon des rickshaws, le cri des enfants, le rire d’amis, les dames qui hurlent dans la rue, des gens qui viennent frapper à ta porte pour taper la discute…
On se fait agresser à tous les coins de rue, hostile avec les Indiana John’s….et Slumdogs millionaires. C’est vrai qu’il y a des précautions à prendre, encore plus dans des villes comme Bombay, New Delhi et Calcutta qui sont d’énormes villes surpeuplées avec beaucoup de précarité et d’ordures.Une femme seule, légèrement vêtue (jupe et débardeur) a aussi beaucoup de « chances » de se faire agresser, surtout le soir: « habillée comme ça c’est surement une fille facile »…et les gars n’en voient pas beaucoup…Bon après, les filles, quel que soit votre tenue, faites attention aux mains baladeuses dans les transports ; vous croyez que les wagon/rangée dans le bus « spécial femmes » c’est juste pour échanger sur le dernier sari à la mode ? Pour les sacs, imaginez-vous en permanence sur la ligne 13 en heure de pointe… donc faites gaff’ quand même.
L’image des fakirs, avec Asterix et Obelix chez Shérahazade et ses 1 milliard de dieux si excentriques à nos yeux d’européens. Avec 80% d’hindous, il existe des dieux de tous les styles : Brahma le dieu créateur à 4 têtes (le cygne pour compagnon), Shiva avec ses nombreux bras pour draguer les filles (dieu destructeur, sa vache sacrée, son trident et ses cheveux en genre dreadlocks), Vishnou le préservateur (avec son aigle) et Ganesh à tête d’éléphant (porte chance et mange sans arrêt des sucreries). Cette religion inspirée par des prêtres, Brahmanes, qui ont installé le système des 4 castes (en fonction du travail), système qui existent et se maintient malgré son abolition officielle : la preuve, le gouvernement vient de débuter un recensement par caste. Chacun va chercher à faire de son mieux dans sa caste en espérant être bien réincarné…. Ici on respecte le divin sans chercher vraiment exactement la vérité, « elle nous dépasse donc, si on adhère à Marie ou à Mahomet, on les inclut dans sa litanie personnelle de divinités et le tour est joué. »
Polly et moi, dans tous les resto indiens on découvre partout des épices, ça arrache et après on attrape des maux de ventre insupportables. Alors c’est vrai qu’on a facilement des maux d’estomac au début et que certains les gardent. La technique c’est : prendre des gouttes de pépins d’huile de pamplemousse, prendre du riz blanc et du yaourt avec votre plat épicé et pour vous préparer au voyage… préparez votre estomac en mangeant n’importe quoi, surtout des produits périmés !!!
Bon on ne peut s’empêcher d’associer ce que l’on a vu/entendu de Mère Thérésa à l’inde. Oui ici les sœurs missionnaires et les salésiens (communauté fondée par Don Bosco qui donne la primeur à l’éducation, à la formation…dans laquelle je suis) sont les communautés les plus présentes en Inde. L’Etat essaie de s’en sortir seul : semaines obligatoires d’aide par les étudiants, l’école gratuite obligatoire, des systèmes d’aide médicale, l’hôpital public gratuit. Mais chaque indien sait que la qualité des hôpitaux, des écoles publics et autres activités publique est faible. Pour avoir une école, un hôpital, un dispensaire lépreux- sidéens, ou un quelconque service il vaut mieux s’adresser au privé, et souvent privé chrétien.
Et pour finir en beauté, les « coups de foudre à Bollywood » et autres renvoient des danses, du flirt passionné, des saris bariolés, du kitch à gogo. Bon je suis désolée de vous décevoir, mais les mariages sont toujours arrangés, et vu le caractère introverti des indiens (et surtout des indiennes) vous avez une chance sur 30 de voir sur le quai de bombay ou au détour d’une route une chorégraphie de garçons : en général il faut s’asseoir sur une chaise, devant une estrade ou bien s’asseoir par terre dans un temple pour voir des danses préparées avec soin, garçons et filles séparés bien sûr ! Mais rassurez-vous, à part ça, ils sont très romantiques dans leur façon de penser, ils veulent du beau. Et tout ici est 100% rythmé, 100% saris bariolés et.... 100% kitch avec paillettes, dorures, broderies, strass, fluo, flashi, clignotant, scintillant, brillant!!!
Et si on reflechissait à ce que les indiens n'apprécient pas /ne comprennent pas chez les occidentaux.11 mois me permettent tout juste de commencer à saisir/décrypter leurs pensées/sentiments. Je vais donc me mettre dans la peau d’une indienne et vous expliquer ce qui « nous » choque, pourquoi et vous donner 2-3 conseils si cela vous intéresse….
Pourquoi les filles européennes, agées de plus de 10 ans, mettent encore des jupes comme si elles étaient des fillettes ? Et avec ça, un décolleté, des épaules nues et se baignent en maillot de bain ? Et même si quelques indiennes le font aussi, elles ne voient pas que cela attire les garçons qui, n’ayant pas l’habitude, sont attirés. Ici on a même lancé des bus roses uniquement pour les femmes pour éviter d’être caressée ou draguée. Eh le truc qui nous semble étrange et archi anti-féminin c’est la femme qui fume !
Nous, nous vivons en tunique (robe au dessus d’un pantalon) ou en Sari donc on ne voit que les bras, la moitié des avant-bras, les pieds, et la tête. Cette une vieille coutume, que vous aviez en Europe jusqu’au début du siècle. Nos tenues sont plus légères que les vôtres, cela protège de la chaleur, du soleil et des moustiques. Ces habits sont très commodes (toujours du tissu à porter de main !!).Et puis ces tenues nous différencient bien des hommes, le châle sur la poitrine est juste une manière de dire « nous sommes respectables », avec notre tissu nous pouvons varier les couleurs à l’infini et porter le sari avec beaucoup de grâce et d’élégance. Fumer la cigarette, on sait que c’est mauvais pour la santé mais en plus ici il n’y a que les hommes qui fument. C’est comme chez vous, une fille qui crache.
Alors, les jupes, ça passe pour certaines occasions. Mais si vous avez des décolletés ajoutez un châle, mettez des affaires avec des manches. PAS DE MAILLOT DE BAIN sauf sur 2 ou 3 plages en Inde. Baignez vous toute habillée si vous ne voulez pas vous faire harcelée ! Pour la cigarette, réduisez et surtout faites cela discrètement !
Quand on regarde l’Europe, c’est fou le nombre de divorces. Vous n’êtes pas capable de rester fidèle, et on a l’impression que c’est pareil en amitié ??? Vous n’êtes pas exigeant avec vous –même ou vous oubliez simplement l’autre ? Vos paroles ne sont vraies qu’un temps pour les relations ? Pourquoi, quand vous partez, vous ne donnez plus de nouvelles alors que vous aviez dit que vous le ferez ??
En Inde, la plupart des mariages sont arrangés et nous faisons confiance à nos familles : elles choisissent quelqu’un de la même caste (niveau social) avec le même niveau d’étude et un caractère facile. Nous apprenons à nous aimer dans le temps…nous ferons des efforts mais nous essaierons de construire une famille ensemble et l’un ne sera pas en train de loucher sur la porte de sortie. Le mariage arrangé au moins c’est fiable. Tu restes fidèle et, si il y a un souci, les familles des 2 côtés vont essayer de t’aider dans ton couple. Il y a une vraie entraide.
En général nous sommes plutôt introvertis. Donc dans un premier temps, nous sommes prêts spontanément à aider ; mais pour donner notre coeur, il nous faut du temps. Mais quand le lien est créé, nous cherchons à le faire durer et faisons souvent le pas pour renouer des liens avec un ami qui s’éloigne
Montrer vous cohérent dans vos relations. Si vous dites que vous garderez des liens avec une personne qui était vraiment un ami en Inde : FAITES LE. Et si un indien vous invite chez lui, attendez qu’il renouvelle son invitation 3 fois puis allez y. Faites attention aux 1000 délicatesses dont les indiens sont capables, remerciez 10000 fois et montre leur que vous avez été touchés.
Pourquoi vous vous dites « athées » et ne croyez en rien, en aucune force surnaturelle ?? Vous vous imaginez supérieurs à la création, vous imaginez qu’il n’y a pas eu de créateur ?? Quand vous rentré dans les lieux saints, vous ne montrez aucun respect. Vous avez les épaules découvertes et la tête dénudée pour les femmes. Vous gardez vos chaussures. Les bras croisés ou sur les hanches, le menton relevé, vous semblez défier les dieux.
Nous, on ne recherche pas la vérité à tout prix mais on a une certitude : des êtres supérieurs existent et régissent/ont régit le monde. Après, Shiva, Vishnou, Jésus, Marie…chacun a le sien et choisit celui qu’il sent proche de lui. De toute façon ils nous dépassent. Mais parce qu’ils nous dépassent en force et en connaissance on a du respect pour eux…et on exprime ceci avec notre corps : s’abaisser, danser pour eux, présenter offrandes, à genou, mains jointes, bénédictions avec encens et fleurs, chants et musiques, épaules et tête couvertes pour les femmes, déchaussés..
Si vous êtes invités, rendez vous sur le lieu de culte de votre hôte. Ayez une attitude humble avec au moins les épaules couvertes, enlevez vos chaussures avant de rentrer. Prenez la position de votre voisin et ne faites pas plus de bruit que lui. Et si vous avez aussi votre religion, suivez la.
Pour vos cadeaux du quotidien, j’ai l’impression que vous les donnez du bout des lèvres. Comme si vous disiez « je te l’offre mais si tu n’en prends pas cela m’arrange ». Quand vous nous parlez, vous regardez aussi votre montre et partez ou entrez dans une salle sans vous soucier de l’occupant (pas nommé, pas de regard, pas de sourire). Vous dissertez pendant des heures sur des sujets compliqués sans vous rendre compte que votre voisin (même votre voisin de table) est dans le besoin.
Nous en Inde, la personne en face de nous est la personne la plus importante du monde. On donnerai sa chemise et son temps pour elle. Notre planning se fait en fonction d’elle. Et quand on donne, on a dans l’esprit que l’objet ne nous appartient déjà plus. L’invité est sacré chez nous.
Peut-être laissez vous des plages horaires avec le mot AUTRE : ainsi vous ne serez pas surbookés au point de laisser de côté le voisin qui vient frapper. Dans la mesure du possible, mettez l’autre dans vos priorités…peut-être avant une lessive ou un film ? Regardez la personne droit dans les yeux pour lui donner toute votre attention et votre écoute. Donnez lui ce que vous avez de meilleur…ne l’avez-vous pas reçu aussi ? La personne en face de vous ne le mérite t’elle pas aussi ? Et quand vous lui aurez donné de tout votre cœur (en réfléchissant si le cadeau est opportun.. et surtout pas trop petit pour la personne)…vous verrez sa joie et cette joie sera VOTRE JOIE.
A savoir avant de partir en Inde....
Regard d’expat’…des petits détails qui semblent au départ incompréhensibles-irritant voir carrément insupportables ; en voici alors les explications et les solutions trouvées
-vous attendez patiemment votre tour au guichet « comme tout le monde », eh là, un monsieur passe devant vous et met son billet devant le nez du marchant. Le marchant reçoit l’argent et donne le produit et ceci se reproduit 5,7 fois !!! « Non mais c’est quoi cette blague…c’est pas parce que je suis blanc! » Non le problème n'est pas que vous soyez blanc (laissez votre paranoïa en France,ces idées ne sont pas constructives), c’est juste que « premier arrivé, premier servi »!! Alors faite de même , zigzaguez/bataillez... :ne me dites pas que vous l’avez jamais fait dans la queue des télésièges eh bien lâchez vous ici c’est permis !!
-vous êtes tranquillement chez vous et quelqu’un regarde ostensiblement chez vous et rien ne le fait partir : « non mais c’est pas possible on n’a plus de « chez soi », plus d’intimité !! » C’est vrai que l’intimité est souvent rare et qu’ils sont assez curieux de ce que vous faites. Eh bien vous avez de la chance d’avoir un chez vous, veinard! Et la personne qui regarde chez vous a sûrement quelque chose à vous raconter de marrant alors parlez avec elle 2min ou invitez là au tea / coffee( 8h-10H45-16h), ne vous en faite pas elle repartira après !
-tranquillement vous vous baladez dans la rue et vous voyez un adulte vous regarder (les indiens dévisagent pas mal)et faire tomber de manière indifférente son paquet de chips vide comme vous feriez tomber une feuille avec laquelle vous jouiez depuis 2 minutes. « Et la planète, m’enfin il y a des poubelles quand même ». Ici je vois une poubelle tous les kilomètres au mieux, elle est archi-pleine donc en général c’est surtout des monceaux de papiers sur le bord des rues et dans les maisons c’est d’abord mis dans un coin puis pousser dehors. Ils se disent que quelqu’un, dont c’est la charge, ramassera. Dans les rues je n’ai pas de solution alors laissez tomber !!( même si je reconnais que l’Inde et sa tonne de papiers jouent plus dans le réchauffement de la planète que notre petite France). Et à l’échelle du centre et de ma chambre j’essaie d’instituer un tri nourriture/ végétaux/ autres.
-la personne vous montre une chaise et vous dit « sit » mais comme si elle vous avez dit avec autorité, et limite en colère, «ta gueule, la ferme ». Vous parlez/pensez alors « non mais il se prend pour qui, je fais ce que je veux, je suis libre ». Il s’agissait ici d’une simple invitation traduisez dans notre langage « je suis contrarié que tu restes debout, je voudrais bien que tu t’assoies…je suis prêt à te donner ma chaise sans souci mais ne te fatigue pas à cause de moi ». Oui il vous donnera sa chemise au besoin. Une indienne m’expliquait cela pour de la nourriture, alors qu’elle m’avait dit « eat » sur le même ton autoritaire : « c’est pour te dire que je te le donne, prend le car je n’en veux plus ». C’est un vrai cadeau pas une de ces propositions à la française : « sers toi », ou « tu en veux », ou « prends en si tu veux » avec parfois derrière la tête « j’espère qu’elle ne va pas (tout) prendre ».Asseyez vous, ça ne coute rien,le temps du repas, d’une discussion…ou même une minute. Et si vous connaissez bien la personne, et qu’elle sait que vous ne faites que passer , redites lui votre programme et activez vous ou quittez son champs de vision.
-vous êtes une femme, on vous dévisage ou on commente votre taille (au niveau du bassin) devant vous « tu as grossi, ou, pourquoi tu es grosse, ou tu es trop maigre », vous ne pouvez sortir les épaule nues, vos tenues doivent vous arriver aux chevilles, et quand vous êtes en tunique (robe au genou + pantalon= « pijama ») vous êtes affublée d’un châle que vous mettez au dessus de vos épaules et qui descend jusqu’à votre poitrine. Le châle glisse sans arrêt et tombe sur le chemin ou dans votre eau de lessive/vaisselle !! «Et la liberté de la femme ? Mettre ces morceaux de tissus bariolés et sans forme pour être respectée? La dignité de la femme c’est dans l’attitude que ça se joue.» C’est vrai que les parisiennes sont loin de tout ça : ici c’est la couleurs qui prime et pas la forme. Les femmes sont habillées ainsi mais ça ne les empêche pas de s’opposer aux hommes dans les négociations, de conduire un scooter, d’avoir leur mots à dire pour un mariage, d’être le maître de la maison et de travailler de plus en plus. Parlez du corps est naturel pour les indiens : maladie, poids, l’air fatigué/frais…Pour vos tenues, allez, jouez le jeu, c’est marrant de se costumer, et plus vous serez local plus vous pourrez négocier les prix! Alors le mieux c’est d’apprécier les couleurs et de trouver son bonheur parmi les milliards de tissus existant.Pour le châle, c’est finalement très pratique : essuyer quand on n’a pas de torchon, cacher quand on a une tache au niveau de la poitrine, se bouchez les oreilles quand on reste 3 heures à coté du klaxonne de bus, en faire un oreiller…Et pour votre silhouette, bin ils n’ont peut-être pas tord et prenez le avec humour !
De toute façon , les seules techniques que j'ai trouvé passaient par l'humour: souriez,essayez de tirer votre épingle du jeu, faites un mot de plaisanterie , asseyez vous et dites "merci" sur le même ton autoritaire qu'eux, si vous avez un interlocuteur attentif dites avec un sourire qu'en France ça ne se passe pas comme ça/ou que vous n'aimez pas... agissez à votre échelle et créez du lien.
N’hésitez pas à commenter, à donner vos propres expériences en Inde ou ailleurs !!!
Cécile, depuis ces 9 mois d'Inde
Voilà, déjà 4 mois….30° …amoureuse de tous les enfants du pensionnat…. 2 tuniques en plus….un ventre capricieux (raison inconnue, maux tolérables et irréguliers)….
Etat d’esprit-moral : Bon moral. J’ai encore dans la tête le magnifique spectacle d’hier soir, pour les 25 ans du collège- lycée : simplement une merveille. Beaucoup de danses avec une histoire de Don Bosco : les indiens savent allier le beau, le joyeux et le profond.
Sinon, concernant ma mission… cela fait plaisir de commencer vraiment à connaître et tisser des liens dans tous les milieux
A la crèche : j’ai participé à toutes leurs fêtes et les surveillantes commencent vraiment à m’intégrer dans leur univers (même si le meeting n’a pas eu lieu ). On a fixé un planning des activités et les groupes de 50 enfants viennent chacun leur tour. Mes cadeaux de Noël ont bien plu : cahier de jeux et de chants anglais, balle, alphabet sur carton, peinture avec pinceau… car cela leur apporte de nouvelles idées et un souffle neuf (ce qui semblent manquer).
A l’atelier couture : on commence à s’apprécier mutuellement avec les filles. On est en train de décorer le lexique tamil-anglais que chacune à fabriquer…. Et on travaille parallèlement les fleurs. Elle touche du doigt la notion d’ombre et lumière !!
A l’école : par classe de 50 élèves, je fais maintenant une leçon sur muscle/os/peau : fonctionnement,anatomie…on bouge,se pince, gonfle les biceps… j’ai des schéma et je fais des expériences : pulsion du cœur avec une bouteille remplie de sauce tomate, 2 bâtons et un ballon pour flexion /extension …qu’est ce que je m’amuse !!!!
Pour le jardinage : on est en train de réfléchir pour séparer matière végétale/nourriture/détritusEn faisant des équipes au sein des internes… :oui les détritus se vendent et les végétaux se brûlent mais il faut qu’ils soient séparés.
Les pensionnaires : ils sont ma joie number 1 , par leur attention constante, leur sourires , leur soif d’amour et notre complicité…ils ne me déçoivent pas. J’essaie de leur donner toute mon attention. On joue toujours ensemble, je surveille les douches et le rinçage…veille à la propreté, à l’hygiène…se sécher avec une serviette et étendre son slip de bain n’est une habitude pour personne !!!
La salle de jeu : s’est ouverte début décembre, j’invente plein de jeux avec du carton mais il faut que j’accepte que la spontanéité ne fasse pas partie de la culture, que si je veux que les enfants viennent il faut répéter les horaires aux responsables, donner des plannings et accepter que les fêtes- invités- ordres des autorités passent largement avant le temps de jeux des enfants(ils n’ont pas la culture du jeu de société)
Maintenir le temps de prière