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Le 16 décembre 2009 à 15h23
Projet de réhabilitation d'une école


Par Arnaud.

Après 3 mois de mission à Lodja et de visites sur le terrain, nous avons pu identifier 2 pistes de nouveaux projets pour la Caritas : la réhabilitation d’un complexe scolaire (école primaire + Institut du secondaire) et la réfection de la piste d’atterrissage en terre de l’aéroport de Lodja (cf. article « Des trous en moins sur la piste d’atterrissage »).

En ce qui concerne la réhabilitation du complexe scolaire, nous sommes partis du constat simple que sans toits ni bancs, avec des murs en terre qui s’effondrent, il est difficile d’étudier. Un exemple frappant : les cours s’arrêtent dès qu’il pleut ! On est assez bien placés pour le savoir car il s’agit de l’Institut où Anne-Charlotte enseigne le Français et moi l’Informatique (de manière plutôt artisanale étant donné que je n’ai pas d’ordi sous la main…) !

  
De gauche à droite: Arnaud pendant son cours d'Informatique et A-C avec sa classe de Français

Le point de départ de ce projet est donc surtout la dégradation avancée des locaux. La situation est critique puisque les élèves désertent de plus en plus l’établissement en raison des mauvaises conditions d’enseignement alors que c’est le seul établissement public du coin, donc le plus accessible en termes de prix. Du coup, de nombreux élèves qui n’ont pas les moyens préfèrent renoncer à leurs études plutôt qu’étudier dans de mauvaises conditions. Les plus fortunés, choisissent de faire plusieurs kilomètres à pied pour étudier dans des écoles privées, plus chères avec un enseignement réputé de moins bonne qualité que l’enseignement catholique. Ceci n’est pas très encourageant pour un quartier pourtant en plein essor économique et démographique.
C’est donc pour redonner tout son rayonnement à cet établissement catholique public, dans un quartier en plein expansion, que la Caritas a choisi de privilégier ce projet. Pour l’instant rien n’est encore fait mais on fait tout pour qu’il aboutisse…
L’idée est que les élèves du quartier de Shinga puissent de nouveau étudier près de chez eux, dans de bonnes conditions à un tarif raisonnable.

  
Des salles de classe en piteux état à l'Institut Shinga

Nous avons donc chiffré la réhabilitation de l’ensemble des locaux en proposant aux bailleurs de fonds des méthodes pour assurer la pérennité du projet et l’entretien des bâtiments. En effet, de manière générale dans les établissements publics, les recettes liées aux inscriptions des élèves ne permettent pas de couvrir les frais généraux (craies, papiers, paye des professeurs non encore agréés par l’Etat) et encore moins l’entretien des bâtiments. Aussi, nous avons imaginé de construire des citernes pour recueillir l’eau de pluie pour qu’ils puissent la vendre aux habitants du quartier. La demande sera forte parce que l’eau constitue souvent un problème à Lodja. Quasiment personne n’est capable de stocker l’eau de pluie, alors qu’il pleut presque tous les jours, car pour cela il faut un toit en tôle et une citerne. Du coup la plupart des habitants de Lodja doivent acheter l’eau de la Regideso (véridique comme nom), la compagnie qui gère l’eau dans tout le Congo. Malheureusement le prix du litre n’est pas donné…

 
Le système de citerne avec des fûts soudés entre eux, pour récupérer l'eau de pluie. Ici, la citerne de chez nous (600 litres).

L’établissement scolaire aura donc un complément de revenu en revendant son eau de pluie à un tarif inférieur à celui de la Regideso, afin de permettre son autofinancement et d’alléger un peu les factures des habitants du quartier.
Nous avons aussi mis l’accent sur la formation des enseignants et des élèves à l’entretien d’un potager (avec revente des récoltes toujours pour assurer l’autofinancement de l’Institut), la formation du directeur aux techniques simples de gestion etc.
Ce projet n’est donc pas uniquement axé sur la réfection des bâtiments. On voit bien trop souvent ici de beaux bâtiments issus de financements extérieurs qui tombent en ruine parce qu’ils ont été mal gérés…
L’enjeu se situe surtout dans la sensibilisation du directeur et des professeurs à l’entretien de leurs bâtiments sur le long terme, au maintien de l’équilibre des recettes et des dépenses, et à la formation pédagogique des élèves sur des techniques simples d’agriculture (peu de gens pensent à cultiver la terre pour pourvoir à leurs besoins alors que beaucoup de cultures vivrières poussent quasiment sans entretien).

Contenu modifié le 17 décembre 2009 à 09h59



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