Le 16 décembre 2009 à 15h39
Par Arnaud.
Comme vous avez pu le lire dans l’article « Du travail, encore du travail ! », nous apprenons début novembre que le pilote de la liaison hebdomadaire Kinshasa-Lodja a endommagé son hélice en atterrissant sur la piste en terre de Lodja. Le résultat ne se fait pas attendre et l’avion repart à vide, sans ses passagers, le pilote ne souhaitant courir aucun risque. Le constat est sans appel. Si rien n’est fait pour boucher les trous les plus importants de la piste, rendant risqué un atterrissage par temps de pluie, l’avion n’atterrira plus. Cela couperait définitivement le Sankuru du reste du pays en raison de l’absence totale de route vers les autres provinces de la RDC.
Devant l’urgence de la situation, la Caritas-Tshumbe (c’est nous !) a convoqué une réunion avec les volontaires AVOCADES (Association des Volontaires de Caritas pour le Développement du Sankuru) et en 3 jours les trous les plus dangereux ont pu être comblés. L’avion a pu atterrir la semaine suivante dans de bonnes conditions.
Nous avons cependant décidé de ne pas en rester là.
Après avoir rencontré le directeur de la RVA de Lodja (Régie des Voies Aériennes Congolaises, la société qui gère les aéroports au Congo), on a décidé de refaire complètement la piste.
En effet, si on décide de refaire toute la piste avec la terre argileuse de Lodja (en asphalte, ce serait hors de prix compte tenu de l’impossibilité de trouver le matériel et la matière première sur place), de plus gros porteurs à hélice pourront atterrir. Jusqu’à maintenant, le plus gros avion à atterrir à Lodja est un Focair de 60 places. L’avion cargo n’est pas plus gros. Hors, si on refait toute la piste, des avions 2 à 3 fois plus gros pourraient atterrir. L’enjeu est donc de taille. Le fret verrait son prix diminuer et les marchandises pourraient arriver en quantité, beaucoup plus facilement à Lodja (rappelons que Lodja et la province entière ne sont accessibles que par avion, ou pour le fret, par bateau, mais ça met plusieurs mois). Les marchandises importées verraient donc leur prix diminuer ce qui n’est pas un luxe vu l’enclavement de la région et la difficulté de se procurer n’importe quel produit manufacturé. Cherchez donc un paquet de pâtes au marché, vous trouverez parfois mais à 4€ les 250g car elles viennent par avion de Kinshasa !
On a donc chiffré les quantités de terre et de termitières (indispensable pour solidifier l’ouvrage !) à apporter, le nombre de trajets à effectuer en camions et en tracteur, le carburant à fournir pour le compacteur, et décidé de présenter ce nouveau projet à Kinshasa en espérant rencontrer le Président le la RVA pour lui soumettre ce projet qui nous paraît important pour le développement du Sankuru.
Autre intérêt de ce projet, loin d’être négligeable, les avions des ONG et de la MONUC (Nations Unies) aujourd’hui interdits d’atterrissage sur la piste de Lodja en raison de son état, seraient à nouveau autorisés, ce qui faciliterait l’acheminement de l’aide humanitaire aux villages sinistrés (en termes de santé et de nutrition surtout) et la venue plus systématique des humanitaires.