Le 16 décembre 2009 à 15h44
Par Arnaud. Séjour à Kinshasa du 13 novembre au 28 novembre 2009.
Comme vous avez pu le lire plus bas, nous nous sommes penchés depuis notre arrivée à Lodja sur la rédaction de deux nouveaux projets (réhabilitation d’un institut du secondaire et de la piste d’aéroport de Lodja). Mais ce n’est pas tout de rédiger de beaux projets. Une fois qu’on a les idées, le budget et une vague idée de concrètement comment ça va se passer, il faut obtenir les fonds… et Caritas ne dispose pas de fonds alloués pour ses activités. Chaque Caritas diocésaine est autonome et a ses partenaires privilégiés pour ses projets. En ce qui concerne la Caritas-Tshumbe (notre Caritas), excepté le CRS (Catholic Relief Service - en gros, la Caritas américaine) qui a déjà appuyé dans le passé de nombreux projets Caritas à Lodja, nous n’avons pas de partenaires privilégiés. CRS n’a plus de budget pour l’année 2010 concernant nos activités et ils ne peuvent pas non plus tout financer. Il a donc fallu qu’on se débrouille avec nos propres moyens. C’est comme ça que nous avons décidé de nous rendre à Kinshasa (ce qui est toute une organisation car il faut prendre l’avion, ce qui n’est pas tout à fait aussi simple qu’en Europe…). Notre objectif en allant à la capitale était surtout au départ de nous renseigner sur le projet phare qui explique notre présence à Lodja : la construction d’une route de plus de 150 km et 17 ponts. Le contrat a été signé entre le gouvernement congolais et l’évêque avant notre arrivée et ce dernier comptait beaucoup sur notre présence à Lodja pour gérer ce projet. Hors, les financements qui devaient arriver en même temps que notre propre arrivée se font toujours attendre. Nous avons donc décidé d’aller à la source, c'est-à-dire à Kinshasa (du 13 au 28 novembre), pour tenter de débloquer la situation, et en profiter pour présenter nos nouveaux projets aux bailleurs de fonds.
Nous voici donc à Kinshasa, un peu au pied levé il faut bien l’avouer, prêts à présenter la Caritas, sa nouvelle équipe de direction et ses projets. Mais par où commencer ? On ne connaît personne. Si on connaît la Caritas, personne ne connaît la Caritas-Tshumbe basée à Lodja et encore moins son équipe ni ses activités.
Nous avons donc commencé par le plus simple : l’ambassade de France. Un rapide entretien avec le service de la coopération française et nous voici avec les coordonnées du General Manager de la Régie des Voies Aériennes Congolaises, la société qui gère les aéroports de tout le pays. C’est un français qui nous reçoit fort bien, suite à notre appel. L’aéroport de Lodja a bien des soucis mais ce n’est pas tout à fait dans les priorités de la RVA. Son président nous assure cependant qu’il enverra un ingénieur sur place pour évaluer les dégâts s’il estime que ça vaut le coup après avoir lu notre projet. Il avisera par la suite s’il est nécessaire ou non de restaurer la piste. C’est déjà encourageant.
Après l’ambassade de France nous rendons visite à CRS. Sa représentante Jennifer, une américaine, nous aiguille sur plusieurs pistes pour l’école et l’Institut de Shinga dont une piste assez sérieuse du côté d’UNICEF.
Et ainsi de suite, de fil en aiguille, nous passons à l’Ambassade de Belgique qui nous propose de travailler sur d’autres projets en collaboration avec eux, les Nations Unies, la Banque Mondiale ou encore le Fonds Social. Ce dernier entretien avec le Directeur des Etudes et Programmes était fort encourageant puisqu’il a estimé que notre projet de l’Institut de Shinga avait toutes les chances d’être voté par son comité, si toutefois la Banque Mondiale reconduit ses financements pour le Sankuru.

De gauche à droite: RDV avec Jenifer de CRS et avec le Fonds Social de RDC financé pare la Banque Mondiale
Nous avons également rencontré une personne du Rotary de Kinshasa avec qui la Caritas a initié il y a plusieurs mois déjà, le programme de construction d’étangs de pisciculture pour les volontaires de l’association AVOCADES. En dehors du cadre professionnel où le Rotary nous assure de son soutien pour la continuité de cette action, nous avons passé de bons moments à Kinshasa avec cette personne et sa femme qui nous ont reçus très gentiment chez eux.
Concernant la problématique de cette fameuse route dont le contrat est déjà signé, un rapide rendez-vous avec le responsable de l’Office des Routes Congolaises nous a rapidement fait comprendre que nous ne pourrions pas disposer aussi vite des fonds… Il nous faut encore patienter, sans doute jusqu’au mois de février…voire plus.

RDV avec Papa Kasongo, notre contact à l'Office des Routes à Kinshasa
Nous repartons donc à Lodja, un peu déçus pour le projet de la route, mais surtout pleins d’espoir et d’enthousiasme pour la suite des activités de la Caritas à Lodja. Nous repartons aussi les bras chargés de colis pour chez nous, en passant des produits alimentaires inconnus à Lodja comme de la moutarde ou du poivre, aux produits d’entretien, sans oublier un miroir et même un lavabo. Nous sommes également chargés de matériel pour la Caritas (Pneus et pièces de rechange de motos, lampes, câbles électriques, batterie, etc).
Nous ne pouvons bien sûr pas tout transporter car les kilos autorisés sont limités (20 kg par personne bagages à main compris…hors nous avons 300kg à ramener à Lodja !), mais le pilote de l’avion, devenu un bon ami, nous propose spontanément de nous apporter à chacun de ses voyages à Lodja, une partie de nos volumineux colis. Nous recevons donc au fur et à mesure des semaines, des cartons qui font à chaque fois notre grande joie !