Préparer son voyage
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Le 05 fevrier 2010 à 16h40
Et de deux !


C'est étonnant comme deux mois peuvent passer rapidement : il y a deux mois, je posais le pied sur le sol congolais, et je n'ai pas vu le temps passer. Et en même temps, le nombre de découvertes que j'ai pu faire, les habitudes que j'ai eu le loisir de prendre, le voyage à Kilwa qui m'a montré d'autres facettes du Congo, ... Il n'y a pas eu de temps perdu, j'ai même du mal à savoir comment j'ai pu faire tenir tout ça dans si peu de temps.

Bien sûr, je le dois en partie aux autres volontaires qui m'ont fait découvrir beaucoup de choses, qui m'ont intégré dans leurs activités, dans les jeux, les temps de prière, les temps où nous étions simplement ensemble. Je le dois aussi à l'ESIS, ma mission, qui me prend suffisamment de temps pour ne pas avoir de quoi m'ennuyer quand je n'y suis pas (mais qui m'en laisse suffisamment aussi pour ne pas me sentir prisonnier de mon travail). Aujourd'hui, je n'ai pas de voyage à vous raconter, mais la vie n'en est pas moins passionnante quand on est volontaire à Lubumbashi.

Moi, un nain ?

Prof, bien sûr ! Commençons par ma mission, puisque que c'est pour enseigner que je suis ici. Je n'ai pas encore parlé des cours que je donne, et pour cause, je n'avais pas encore commencé avant les vacances de Noël, exception faite de la conférence sur le commerce électronique. Mais ça y est, le 12 janvier exactement, j'ai commencé à donner un cours sur les microprocesseurs. S'il faut une phrase pour le résumer, on pourrait dire : « Comment fonctionne le cœur d'un ordinateur ? » Ce cours fait partie du programme pour les G3 (3ème année) de filière Technologie et réseaux, d'une durée totale de 30 heures à raison de 4 heures par semaine, le mardi matin. Ça fait donc déjà 4 séances qui se sont très bien passées : dès la première, je me suis senti très bien dans le rôle que j'endossais. Et le contact est bon avec les étudiants, c'est aussi plus facile quand la classe en compte 18 (rien à voir avec les G1 qui sont 250). Quant à la matière, même si le microprocesseur n'est pas le cœur de ma formation (je suis plutôt au niveau logiciel), c'est tout de même une matière que j'ai beaucoup appréciée quand j'étais moi-même étudiant et que j'ai du plaisir à enseigner.

L'autre cours que je donne est tout de même plus conforme à mon profil, puisqu'il s'agit d'un cours sur les applications distribuées, dispensé en G3 Programmation et bases de données. Pour mes lecteurs non-initiés, je vous donne un exemple simple : Outlook Express est un client de messagerie qui permet de se connecter à un serveur de messagerie pour relever les nouveaux messages ; cette application client-serveur est une application distribuée (ou répartie) car deux programmes fonctionnent ensemble tout en s'exécutant sur deux machines différentes. Ensuite, il y a bien sûr des variantes dans l'architecture, et il existe différentes techniques de communication. Ça en fait un cours pour lequel je me passionne, et ça tombe bien vu que j'ai 9 heures 30 par semaine : 4 heures le lundi matin, 4 heures le mercredi matin et 1 heure 30 le vendredi après-midi. Oui, vous l'avez remarqué, ça fait un gros paquet de cours en première partie de la semaine, après c'est plus cool, ou plus exactement je peux me consacrer à d'autres tâches. Dans la réalisation, il est assez différent du cours de microprocesseurs : le premier est surtout théorique, avec des exercices sur papier, alors que le cours d'applications distribuées repose pour moitié sur des travaux pratiques. D'ailleurs, la partie théorique est pratiquement terminée, et mes étudiants vont avoir un projet à réaliser pour utiliser ce qui a été vu en cours.
 
Alain donne un cours
À votre avis, c'est un cours d'applications distribuées ou de microprocesseurs ?

J'ai d'autres cours en attente : J2EE (Java Entreprise) en G3 Programmation, Gestion de projet informatique en G3 toute filière, Progiciel de Gestion Intégré en G2 Gestion, et peut-être même Java en G2 Programmation. Beau programme !

Et plus, si affinités...

Par ailleurs, je suis maintenant coordinateur de la filière "Programmation et Bases de données". Mon travail est d'ordre pédagogique, valider le contenu enseigné, proposer des évolutions pédagogiques, etc... Par exemple, je suis en train de mener une étude sur le cours de Java (un langage informatique) : actuellement, c'est un cours commun qui est enseigné en G2 à toutes les filières en même temps. Mais cela présente un problème pour les G2 Programmation, car ils doivent en apprendre davantage que ceux qui sont en Design, en Gestion ou en Réseaux. La même question se pose pour le cours de Programmation Orientée Objet. Du coup, j'interroge les étudiants, je me penche sur le programme, je discute avec le professeur, etc...

Et je suis toujours impliqué dans l'évolution des stages, on avance, il va bientôt falloir songer à démarcher les entreprises. Bref, le boulot ne manque pas.

« Les prisonniers du boulot ne font pas de vieux os... »

Évidemment, je ne limite pas ma vie au bureau de l'ESIS ! Je continue à aller le jeudi soir au groupe de prière de St Éloi, c'est un moment qui me permet de me ressourcer, je peux prendre du temps pour réfléchir, prier, partager.

Et puis, avec les autres volontaires, nous faisons de temps à autre des jeux, ou des sorties. La dernière était une journée où nous avons visité Kansebula, un lieu où sont formés les futurs prêtres salésiens, ainsi que la Kafubu, une ferme qui appartient aux Salésiens.

Que dire d'autre sur ce second mois à L'shi ?


J'ai commencé ce mois de janvier par un déménagement : j'ai quitté la Procure pour Salama, et je me suis donc retrouvé logé à quelques pas de Sébastien et Pierre-André, tandis que pour aller chez Hélène et Raphaël il me faut simplement traverser la rue. Et pour rejoindre l'ESIS, je ne mets plus 30 minutes mais 2 minutes à pied (3 minutes à l'heure de pointe, la traversée de la rue devenant plus délicate). Mes nouveaux voisins directs sont les abbés Max et Frédéric ainsi que Père Vincent. Nous nous entendons déjà très bien, notamment avec Père Vincent qui est aussi passionné que moi pour le potager et la nature en général !

Une autre occupation est le potager que j'ai commencé à faire, après mon installation à Salama. Pour l'instant, j'ai surtout préparé la terre, je n'ai encore semé que des radis (ils ont levé hier !) et des salades, mais j'ai plein d'autres graines qui attendent (merci Père Staf !), mais comme cet endroit n'a pas été cultivé depuis longtemps il faut commencer par la fumer. En tout cas, j'ai plein de projets, avec plein de légumes bizarres (mais aussi des choses à peu près normales).

Dans les événements marquants du mois, nous avons eu la visite de nos correspondants de pays : Philippe et Marie-Luce, jeunes retraités, nous ont rendu visite pour voir comment se passait notre mission, nous conseiller quand c'était nécessaire, etc... Ils sont restés 3 semaines (leur mission ne se limitait pas aux volontaires Fidesco), pendant lesquelles nous avons pu nous voir plusieurs fois. On retiendra notamment le repas au restaurant, avec vue magnifique sur le lac, sous une paillotte, avec du soleil... Et merci aussi pour les Pyrénéens (et tous les conseils) !
 
 
Les volontaires et leurs deux correspondants de pays
Voici tous les volontaires Fidesco de Lubumbashi, ainsi que nos correspondants de pays (à gauche). Ça, c'était après le repas, ce qui explique ces visages rassasiés (pour l'anecdote, nous avons été servis 2h30 après avoir passé commande... une chance, c'était bon !)

Il y a aussi eu la fête de Don Bosco, tout à la fin du mois : la fête de St Jean Bosco (pour ceux qui n'ont pas suivi, c'est le fondateur des Salésiens) est le 31 janvier, et avec un jour d'avance ça a été la grande fête à Salama. Tout a commencé par la messe sous le grand préau, suivie du makoleko (du pain et du lait sucré) puis des jeux populaires. Le soir, nous avons refait la fête avec les Pères de la maison Salama, ainsi que d'autres religieux et religieuses qui s'étaient joints à nous pour la fête. Et quand je dis la fête, je n'en rajoute pas, c'était vraiment ça, avec un repas très festif, animé par nos deux abbés Frédéric et Max.
 
Une chorale très animée Une assemblée attentive
Les célébrant et les acolytes
Voici quelques photos de la célébration : la chorale de l'ESIS est présente à pas mal d'occasions et elle défend bien sa réputation. Le terrain de basket couvert se transforme dans ces moments-là en lieu de célébration, et il faut bien ça pour accueillir tous les élèves et étudiants de Salama. Une estrade a été aménagée pour accueillir l'autel.

Et le rapport de mission ? (la minute de publicité)

Certains d'entre vous qui me lisez avez reçu mon rapport de mission (peut-être même est-ce après ça que vous avez atterri ici), les autres suivront au rythme des trimestres. Pour les autres que mes rapports intéressent, il est toujours possible de me soutenir financièrement auprès de Fidesco, pour plus de détails faites-moi signe.

Contenu modifié le 16 juillet 2010 à 11h55



Commentaires

verdun dit (le 05/02/2010 à 19h49) :

     mmm, on a lu ton rapport tout frais posté...
merci de nous faire partager tes découvertes et ton enthousiasme.
bises


sego dit (le 06/02/2010 à 16h31) :

     Merci pour ce nouveau post! Rien de très nouveau ici, à part un WE à Londres génial (mariage à la british) et une conférence sur le rôle des new medias dans l'éducation passionnante :)

A +


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