Comment résumer ces derniers mois en quelques lignes ?
Nous sommes maintenant bien chez nous à Lodja, les premiers mois de découverte et de nouveautés sont maintenant derrière nous. Disons que nous avons fini la phase assis et à quatre pattes et que nous commençons à marcher tranquillement ! Nous n’en sommes pas encore à courir mais nos pas sont un peu plus sûrs chaque jour :-)
Nous nous familiarisons avec notre environnement, avec notre entourage, avec le Tétéla (nous avons commencé des cours pour accélérer un peu notre apprentissage), avec la culture locale qui nous dévoile chaque jour quelques secrets supplémentaires.
Des photos dans Picasa: cours de Tétéla et autre
Nous améliorons aussi petit à petit notre maison, c’est un vrai bonheur de la voir évoluer et se transformer à la Osungu (à la mode des Blancs) ! Après le vernissage des meubles, le potager, les photos sur les murs, la plantation de plantes vertes et de fleurs, nous avons franchi au mois de février le cap de l’installation d’un lavabo (quel luxe de ne plus se laver les dents au dessus des toilettes !), l’installation d’un panneau solaire plus puissant qui nous a offert de la lumière dans toutes les pièces de la maison (whaouuu !!), la plantation d’ananas dans notre parcelle et, finalement, la salle de bain est en train de s’offrir un vrai lifting ! Nous nous sommes mis ce week-end à la peinture, c’est top de voir le changement ! A l’heure où j’écris ces lignes Arnaud est en train d’attaquer la troisième couche et de devenir un peintre confirmé !
Des photos dans Picasa: lavabo, électricté, peinture etc.
Le rayon de soleil de notre maison est typiquement congolais, il s’appelle Anne-Marie, ou Mam’Ana. Nous vous avions déjà parlé d’Anne-Marie, c’est une perle, elle nous bichonne, prend soin de nous comme de ses propres enfants, rigole énormément aux blagues d’Arnaud (et oui, ici il a trouvé une fan !), déjeune avec nous le dimanche, est extrêmement gourmande (fan de tout ce que nous lui faisons goûter grâce à un gentil colis venu de France…Nutella, sablés, crêpes, palets bretons, nouilles, semoule…), suis l’évolution de Pauline et Lucie (mes nièces) comme si elles étaient ses propres petites-filles…en deux mots nous sommes extrêmement attachés à elle et elle est un de nos piliers les plus solides ici.
Des photos dans Picasa: avec Anne-Marie
J’allais presque l’oublier mais Arnaud m’aurait rappelée à l’ordre…notre chat !! Et oui, les Lamonne ont accueilli début février un petit chaton…qui l’eut cru connaissant mon amour pour les chats et pourtant c’est bien vrai ! Il s’appelle Le Chat (devinez qui a choisi son nom…) mais devient progressivement Pouuuuuusse (Le Chat en Tétéla) car il comprend mieux, bref ! Donc Pousse est arrivé à la maison dans un objectif très précis : exterminer les chauves-souris ! Au début assez timide et très peureux lorsque nous l’envoyions au grenier, il est maintenant à l’aise blaise et se fait des orgies de chauve-souris ! Pousse est fan de son maître, peut-être aussi de sa maîtresse mais il le montre moins car son maître laisse à sa maîtresse le mauvais rôle de celle qui doit l’éduquer, lui faire comprendre qu’il n’a pas le droit de monter sur les fauteuils et sur les chaises et qu’il n’a pas le droit non plus de rentrer dans la chambre de papa et maman…que du bonheur :-) Je suis donc celle qui dit NOOOOOOOON avec une grosse voix et Arnaud a le bon rôle des caresses et des jeux d’acrobaties :-)
Des photos dans Picasa: Le Chat
Que vous raconter sur notre vie au quotidien ? Elle est très chargée mais d’une façon très différente de notre vie parisienne. Chargée parce que nous sommes sollicités toute la journée, différente car nous avons beaucoup de temps pour nous deux après notre journée de travail. Beaucoup de temps oui…mais une faible palette d’activités possibles ! Vous connaissez donc déjà nos activités extra-Caritas, à savoir la lecture, la guitare, le jardinage (Arnaud surtout), les mots fléchés (le rythme est en chute libre ces trois derniers mois), les balades en fin de journée le week-end, les moments de qualité à deux (ceux qui ont lu Les Langages de l’Amour de Gary Chapman comprendront), les DVD au fond de notre lit…quant à notre amie la flûte elle a malheureusement été mise de côté, la pauvre est en train de prendre la poussière sur une étagère.
Des photos dans Picasa: cuisine, sport, déjeuner avec Pierre et Béatrice, Arnaud et sa machette...
Déjà 6 mois que nous sommes là…le temps passe vite ! Ces 6 mois ont été pour nous un vrai bonheur, une expérience unique, quelque chose qui vous chamboule, vous fait grandir, vous assomme parfois mais pour mieux vous rebooster ensuite. Les 4 premiers mois n’ont été pour nous que découverte, émerveillement, sourires, 4 mois durant lesquels tu te dis « Whaouuu ! ». Les 5ème et 6ème mois sont le temps de l’installation, le temps où on se pose, où on comprend certaines choses et où d’autres deviennent plus pesantes. Le temps donc où comme partout il y a des jours avec et des jours sans, des jours où les difficultés passent facilement, d’autres où elles sont plus difficiles à avaler, des jours où la petite barre de chocolat ou le yaourt nature ne manquent pas, d’autres où on donnerait tout pour un coca frais ou un bon hamburger, la vie quoi ! La chance que nous avons est que nous sommes deux dans le même bateau ! Quand l’un de nous flanche, l’autre est là pour le rebooster, lui presser un jus d’orange, lui offrir un petit massage du visage et lui rappeler que c’est normal de flancher et que les embûches que nous rencontrons font partie de l’apprentissage…très utile pour se regonfler le moral et se déculpabiliser la notion d’ « apprentissage » mais aussi très vraie donc à utiliser sans modération !
Des photos dans Picasa: balades près de chez nous
La difficulté qui nous pèse le plus est qu’ici le Blanc représente encore l’argent gratuit, que cela est ancré dans les mentalités et ancré dans le comportement des gens. Nous sommes donc sollicités tous les jours par tout le monde, pour de l’argent, une pile, un bic, une lame de rasoir, de la nourriture et tant d’autres choses. Ca n’est donc pas facile tous les jours de devoir dire non et de faire comprendre aux gens que ce n’est pas en leur donnant gratuitement que nous pouvons leur rendre service. Ce volet fait partie de notre mission à la Caritas : remettre le travail au centre des mentalités et privilégier la formation. Un travail de chaque jour donc !
Je vais m’arrêter là pour aujourd’hui et laisser les articles suivants vous raconter un peu ce que nous faisons à la Caritas, les projets en cours, notre relation avec l’équipe de la Caritas etc etc.
Merci pour votre lecture, nous pensons à vous et vous envoyons un maximum de bonheur et de soleil de Lodja !
Des photos dans Picasa: passage à la radio et Jeep Caritas