Extrait de notre Rapport de Mission n°2 daté de mars 2010.
Ces différences culturelles (cf. article « Culture et différences ») font l’objet de surprises quotidiennes, nous étonnent, nous questionnent, nous font réfléchir et nous font prendre conscience de la richesse et de la variété humaine. Certaines spécificités culturelles peuvent quant à elles desservir la population et sont souvent au cœur des débats lorsqu’il s’agit de développement local.
Echange avec des pasteurs protestants et Pierre et Béatrice, sur le développement local.
La vie au jour le jour
Tous les jours les gens remercient Dieu d’avoir passé la journée et d’être encore en vie. La vie ici se vit au jour le jour, rien n’est prévu en avance, tout arrive de façon improvisée. Cette mentalité et ce rapport au temps constituent un frein au développement car la population a beaucoup de mal à prendre des initiatives sur du long ou moyen terme : les gens agissent dans une logique de subsistance plutôt que dans une logique de développement.
Les croyances injustifiées
Le Sankuru regorge d’ananas, de bananes, de papayes, de maracuja, de noix de coco, d’oranges et beaucoup d’autres fruits encore. Pourtant les gens n’en mangent pas et manquent de vitamines. Plusieurs raisons à cela : non seulement ce n’est pas dans leurs habitudes alimentaires (habitudes principalement axées sur le riz et les feuilles de manioc) mais en plus beaucoup de fruits font l’objet de croyances injustifiées. Par exemple, les papayes : il n’est pas bon d’en manger car ce serait un signe de pauvreté et ça donnerait des hémorroïdes ! Quant aux protéines elles sont à portée de main ou plutôt à portée de poule : les poules sont là en quantité mais personne n’achète d’œuf de peur qu’il soit pourri.
« Si Dieu le veut »
Les gens ici remettent tout dans les mains de Dieu : ils oublient souvent que ce même Dieu a dit « Tu mangeras à la sueur de ton front » et non
pas « Tu mangeras à la sueur de tes prières ». Il faut donc aider les gens à se remettre au travail, leur faire prendre conscience que c’est en travaillant que l’on mange et que c’est en travaillant qu’ils pourront prendre leur propre développement en main.
La sorcellerie
Nous n’y avons pas encore été confrontés directement mais nous en entendons beaucoup parler. Beaucoup ici s’en remettent aux dires des sorciers plutôt qu’au bon sens. Des enfants trop malades peuvent ne plus être soignés car on pense qu’ils sont ensorcelés, des fruits pleins de vitamines sont laissés à l’abandon car le sorcier du village a dit qu’il ne fallait pas les manger. De par leur influence les sorciers représentent donc un grand frein au développement pour une population qui, trop souvent, agit à l’encontre de son propre intérêt pour des raisons de sorcellerie.