>VietnamLes rois de la Minsk
Posté par : lamonne
Extrait du livre Esprit de Voyageur - Récit d'un voyage initiatique (Arnaud de La Monneraye)
On a fini par dégoter un loueur de motos ; de « Minsk » plus précisément. Grâce à ce modèle russe des années soixante, nous allons pouvoir nous lancer à l’assaut des montagnes du nord-ouest vietnamien. Pour parcourir cet espace, posséder un engin capable de circuler sur n’importe quel type de revêtement, terre, bitume, rocaille, est indispensable. Beaucoup de monde nous a déjà mis en garde contre la très mauvaise qualité des routes complètement défoncées de ces coins-là. La Minsk, compte tenu de l’offre restreinte dont nous disposons, est à peu près la seule moto adaptée à notre parcours disponible chez un loueur.
Evidemment, aucun de nous n’a déjà conduit une moto et les changements de vitesses, on n’y connaît rien. Un petit tour de pâté de maisons me fait dire que je ne suis pas encore sûr de rentrer entier à l’issue de cette escapade. Je saute quelques vitesses ou bien au lieu de passer en troisième je repasse en première…
Chuck, qui n’a jamais conduit une moto ni même un scooter ou une mobylette, est paniqué à l’idée d’en conduire une tout seul. Il propose même au début que nous prenions seulement deux Minsk et que lui se mette derrière l’un de nous. On finit par le convaincre d’en prendre une, lui garantissant qu’on se marrera nettement plus si on a chacun la nôtre. Un peu paniqué quand même, il accepte. Ce sera le plus fou de nous trois sur les routes dangereuses et sinueuses du nord-ouest ; un vrai biker !
Commence alors notre « road trip » tant attendu depuis le début. C’est maintenant qu’on se lance hors des sentiers battus, livrés à nous-mêmes sur nos fiers destriers, loin de la ville. Dix jours de montagne nous attendent.
Le lendemain chacun prépare son paquetage qu’il sangle à l’arrière de sa Minsk. Casqués et polo Assoiffés de rigueur, nous faisons hurler nos trois moteurs 125 cm3 et partons à l’assaut des montagnes. Les quelques ratés au démarrage font pâlir le propriétaire qui regrette peut-être déjà de nous avoir loué son matériel. Evidemment, Chuck n’a pas le permis et Naudar et moi sommes partis sans le nôtre. Qu’importe, nous sommes au Vietnam ! Le casque est même considéré comme superflus et Naudar, qui veut sans doute goûter au plaisir de sentir le vent sur son visage, dédaigne de l’enfiler et le garde fièrement accroché à son bras…
Après quelques heures de bitume à doubler en trombe les camions, nous arrivons enfin au pied de magnifiques montagnes escarpées. Sur leurs flancs s’accroche une multitude de rizières offrant un spectacle de coloris éclatant avec des dégradés de couleurs passant du vert vif et intense au jaune paille. Les buffles et les charrues remplacent les camions et les sentiers de terre et de cailloux l’asphalte. Je suis heureux. Nous voici enfin hors de la ville, au pied des montagnes où déjà la vie semble avoir adopté un autre rythme. Nous nous arrêtons quelques minutes pour reposer nos montures et admirer les alentours qui offrent un panorama « typiquement typique », pour reprendre une des expressions favorites de ces trois mois de voyage. On ne pourra s’empêcher de la lancer chaque fois que nous aurons l’impression de nous retrouver dans une ambiance… parfaitement typique du coin !
Et c’est parti. Nous attaquons les routes tortueuses et au fur et à mesure que nous gagnons de l’altitude, nous perdons de nombreux degrés. Après la chaleur étouffante de la ville, nous devons affronter le froid et le vent qui sévissent à plusieurs centaines de mètres d’altitude. Pour l’instant nos Minsk tiennent le coup. On est parfois un peu limite lorsque la pente est trop raide. Du coup on est obligé de forcer un peu sur la première, surtout Chuck qui sera un expert de la surconsommation d’essence.
Nous avons déjà franchi quelques portions de routes délicates et accidentées en se sortant plutôt bien de cet exercice périlleux. Il arrive que, dans certains passages rocailleux où une pierre plus grosse que les autres a la bonne idée de se retrouver sous la roue d’une de nos Minsk, celles-ci décident de se coucher sur le côté. Mais aux allures où nous avançons, nous ne récoltons que de très légères égratignures. C’est pourtant Naudar qui, dès le premier jour, va nous faire la peur de notre vie.
Il commence à pluvioter, et ce dernier qui ne veut sans doute pas être trop mouillé, remet alors son casque sur son crâne.
Nous venons de rouler sur une très longue portion de terre et de rocaille qui nous a fait perdre un temps précieux. Si nous voulons arriver ce soir avant la tombée de la nuit à Mai Chau, première étape à deux cents kilomètres de Hanoi, et apparemment le seul endroit où nous pourrons dormir d’après le loueur, il faut qu’on mette les gaz. Cette fois c’est bon, on est sur le bitume et on peut se permettre d’accélérer la cadence. Pas trop quand même ; avec cette pluie qui commence à tomber, le terrain est glissant et la visibilité réduite.
Alors que nous arrivons à vive allure aux abords d’un petit village, Naudar en tête, la pluie se met à redoubler. Et tout d’un coup, l’espace d’un éclair, je le vois déraper sur la tranche de la chaussée qui marque la fin de la route goudronnée. Il perd instantanément le contrôle de son véhicule qui se couche et continue sa valse hors de la route dans un gisement d’étincelles, alors que lui se retrouve projeté au beau milieu de la route. C’est alors que je perds mon sang-froid. Une motobyke arrivant en sens inverse à toute allure et n’ayant visiblement pas la marge suffisante pour manœuvrer, va buter de plein fouet sur la tête de Naudar. Pendant quelques secondes, je suis pétrifié. La roue avant a littéralement roulé sur son casque. Sous le choc, le motocycliste est éjecté et sa motobyke se renverse aussitôt sur le pauvre Naudar déjà bien remué. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, notre vaillant capitaine se relève instantanément, comme si de rien n’était. Il n’a rien ! J’ai su en cet instant que s’il n’avait pas eu son casque bien vissé sur sa tête, notre voyage se serait sans aucun doute arrêté là.
Chuck, plus timide quand il s’agit de rouler vite, arrive sur les lieux du drame quelques instants après, alors que déjà une foule de badauds se masse autour des deux infortunés. Nous posons nos motos sur le bas-côté et courrons à la rescousse voir comment notre rescapé se porte, mais surtout pour l’enlever aux griffes de tous ces gens qui se massent contre lui, alors qu’il est encore sous le choc. Personne ne parle anglais. L’accidenté vietnamien non plus. C’est que, hors de la ville, rares sont les personnes parlant une langue étrangère. Alors que j’imaginais tous les badauds près à injurier Naudar, parce qu’à cause de son imprudence il venait de créer un accident faisant tomber l’un d’entre eux, ils sont tous là à le toucher partout et à rigoler de ce grand blanc tout couvert de blessures qui a l’air d’avoir gardé le sourire, même s’il est encore bien sonné. Ils lui dispensent quelques remèdes locaux sur ses blessures ouvertes, type alcool à quatre-vingt-dix degrés. Autant dire que Naudar sent le liquide couler sur ses plaies ! Quant au gars qui l’a percuté, il a l’air d’avoir une jambe sacrément mal en point. Mais sans doute un peu honteux, il repart rapidement au volant de sa motobyke qui a peu souffert dans le choc.
Naudar compte les déchirures de son polo et le nombre de ses plaies mais n’a rien de grave. En revanche sa Minsk ne veut plus démarrer. Heureusement, on trouve des pièces détachées dans tous les garages et n’importe qui sait démonter toutes les pièces d’un moteur de Minsk et les replacer au bon endroit, car cette moto est le moyen de transport le plus évident dans ces montagnes. Sans compter que le moteur est d’une simplicité enfantine pour qui s’y connaît un peu en mécanique, ce qui n’est malheureusement pas notre cas. Du coup, un des jeunes présent lors du drame bidouille un peu la moto qui pétarade de nouveau. Malgré quelques rayures sur la carrosserie, un rétroviseur en moins et un morceau de la manette d’embrayage arraché, elle roule quand même ! Il faudra juste un peu réparer tout ça avant de la rendre à son propriétaire…
Nous repartons donc après cette belle frayeur, saluant chaleureusement tous les gens massés autour de nous, alors que la pluie cesse enfin de tomber. Nous nous arrêtons quelques kilomètres plus loin pour permettre à Naudar de respirer un peu. Il nous explique alors avoir vu le motocycliste qui roulait en plein milieu de la chaussée. Voulant l’éviter, il a fait un écart sur la droite et c’est là que sa roue arrière a dérapé sur le rebord de la chaussée. Ensuite (j’ai encore peine à y croire !) il dit n’avoir rien senti. Il ne s’est absolument pas rendu compte que le type en face lui avait roulé dessus ! Tant mieux. Notre équipe enfin remise de ses émotions, nous allons encore rouler pendant de nombreuses heures, bien longtemps après la tombée de la nuit. La route est épuisante. On fait du cross sur des chaussées complètement défoncées, la mousson obligeant continuellement à les refaire. Il n’est donc pas rare de trouver sur notre chemin, pierres, terre, tracteurs et portions de routes en pleine rénovation, avec parfois des décrochements dans le vide. Il faut ouvrir l’œil et être vigilant, car au moindre écart, c’est le plongeon assuré. Nous sommes parfois obligés de descendre de moto car autrement on n’avance plus, piégé dans le sable et les pierres. Moi je trouve ça assez amusant. On vient en une journée d’apprendre à se servir d’une moto, de surcroît dans de mauvaises conditions de routes. Je suis assez fier de nous !
Nous arrivons enfin vers vingt-deux heures dans la bourgade de Mai Chau. Nous trouvons refuge un peu en contrebas de ce village de montagne. Toutes les maisons sont construites sur pilotis et l’on dort à même le bambou du plancher surélevé. Après un dîner copieux, nous sommes conviés à une fête traditionnelle dans une des maisons environnantes. A peine faisons-nous notre entrée au beau milieu d’une danse exécutée par trois jeunes filles en costumes traditionnels, que nous sommes chaudement salués par une bande de jeunes Vietnamiens venus ici passer quelques jours de vacances, loin de l’agitation de la ville. Ils nous invitent à nous asseoir au milieu d’eux et à partager l’alcool de riz. Beaucoup d’entre eux parlent anglais. Après avoir avalé plusieurs gorgées de cet alcool étrange, nous nous mettons à danser avec toute la petite troupe. Ils chantent à gorge déployée un refrain qui revient en permanence. Sans en saisir le sens, nous essayons de les suivre en ânonnant quelques paroles que l’on juge à peu près similaires à ce qu’on entend, avant d’en comprendre enfin la signification. On était, sans s’en rendre compte, en train de scander à tue-tête le refrain d’une chanson populaire dont les paroles suivantes reviennent en boucle : « Vi-é-tnam, Ho Chi Minh ! ». Il m’a bien fallu plusieurs minutes avant de me rendre compte de ce que je chantais !
Après cette petite fête, nos nouveaux amis nous invitent à les suivre dans la forêt où, nous informent-ils, ils vont allumer un feu et danser autour toute la nuit. Nous devrions pourtant être harassés, mais l’alcool de riz faisant sans doute son effet, nous acceptons avec joie de les suivre. Nous dansons jusqu’à épuisement avec eux et rentrons avant la fin de la nuit nous coucher. Nous ne tenons plus debout. En chemin, on rencontre deux petites fillettes – je me demande encore ce qu’elles faisaient ici à une heure pareille – qui vendent des bracelets vietnamiens. Nous leur en achetons histoire de nous constituer notre look de baroudeur. C’est qu’on travaille l’esprit routard à fond : bracelets, barbe, etc ! C’est ça aussi le voyage ! Pour l’heure, nous faisons en effet un concours de barbe, où Naudar n’a aucune chance au bout de trois mois d’avoir au moins sur le visage ce que nous avons déjà aujourd’hui avec Chucky au bout d’une semaine.
Le lendemain, c’est à mon tour de me faire une petite frayeur. Nous sommes dans une montée assez raide et je n’ai plus de puissance dans ma bécane alors en seconde. Au moment où je veux repasser en première, je rate la vitesse et me retrouve au point mort sans m’en rendre compte tout de suite. Me croyant en première, j’accélère donc et fait hurler l’engin qui n’avance pas plus pour autant. Comprenant que je suis au point mort, j’enclenche la première brutalement de peur de m’arrêter complètement. Erreur fatale, car j’avais oublié de relâcher la pression sur l’accélérateur. Le résultat se fait ressentir aussitôt. Ma Minsk fait une ruade sous l’effet de l’accélération brutale et je me retrouve à faire de la roue arrière sur quelques mètres avant de tomber par terre, les quatre fers en l’air. J’ai évidemment besoin de mes petits camarades pour retirer la moto enfoncée dans la boue du fossé où elle a fini sa chute.
Plus de peur que de mal. Décidément, il faut que je me fasse aux changements de vitesses de ces vielles machines !
Pendant plus d’une semaine encore, nous allons être au guidon de nos Minsk avec lesquelles nous commençons à bien nous familiariser. On devient presque des pros de la conduite tout terrain ! Evidemment il y a encore quelques chutes... C’est encore Naudar qui nous refait une démonstration, une petite pierre malicieuse s’étant glissée sous la roue de son engin : belle roulade, avec sa Minsk à deux doigts de tomber dans le ravin. Je le revois encore couvert de poussière, se relevant tout penaud et posant un regard interrogateur emprunt d’une certaine incrédulité sur sa moto couchée à quelques centimètres du vide. Il a faillit faire le grand saut. La manette d’embrayage est encore cassée.
Chuck, également, va augmenter le palmarès des chutes avec une manette cassée elle aussi, lors d’un passage difficile sur terrain meuble où il tombe presque tout seul !
Nous franchissons des cols superbes, d’où l’on dispose des meilleures vues qui soient pour admirer les montagnes environnantes. Là-haut, le froid sévit et nous passons du t-shirt adapté au climat de la plaine, aux polos et pulls de rigueurs à ces hautes altitudes, avec bien souvent notre poncho par-dessus à cause de l’humidité de l’air qui nous transperce le corps. Sur le bord des routes, nous longeons des files d’enfants en tabliers, portant leur cartable sur le dos avec même parfois leur petit tabouret en plastique à la main. Ils ne manquent jamais de nous faire de grands signes des bras. Il leur arrive même de nous suivre en courant derrière nos motos. Nous croisons aussi les femmes qui reviennent des champs, chargées de provisions ou de bois pour la maisonnée. Un bref signe d’amitié échangé avec tous ces gens et déjà on a le sentiment de partager un court moment de leur quotidien en suivant le rythme de leurs occupations journalières. En bordure des chemins se trouvent les rangées entières de bâches recouvertes de grains de riz qui sèchent au soleil, attendant le moment propice pour être écossés.
Nous traversons de nombreux villages, dont Dien Bien Phu, lieu chargé d’histoire où la France a perdu la guerre en 1954. Ce ne sont pas vraiment les musées, emprunts d’une certaine propagande communiste, qui pourront nous renseigner de manière objective sur les évènements attachés à cette sombre période de l’histoire.
D’ailleurs, à propos de propagande, je me souviens de ce panneau dressé à proximité d’une étroite route de montagne. D’une dizaine de mètres de haut et une vingtaine de large, il illustrait sur fond rouge, un dessin grossièrement dessiné de familles vietnamiennes au travail, accompagné du célèbre symbole graphique utilisé pour représenter le communisme : la faucille et le marteau. Je me demande encore ce que faisait ce vestige de la propagande communiste perdu dans ces montagnes où le passage se fait rare.
La seule ville vraiment touristique que nous ayons traversée est Sapa, réputée pour ses minorités qui y vivent, notamment les Hmongs noirs. Loin d’être notre escale préférée, Sapa est surtout une ville vivant du tourisme qui a sans doute perdu un peu de son âme. Le contraste avec les autres villages montagnards où nous avons fait escale est étonnant. Les Hmongs qui vivaient dans la montagne viennent aujourd’hui vendre leurs objets de confection artisanale à Sapa. Ils harcèlent en masse des touristes ravis qui ne demandent qu’à prendre des photos de ces minorités en habits traditionnels, moyennant une petite pièce pour chaque cliché. Je n’aime pas du tout cet état d’esprit. D’un côté les touristes ont tendance à se croire dans une sorte de zoo, et de l’autre, les Hmongs acceptent de se prêter au jeu dans l’unique but de récolter quelques pièces. Ce spectacle désolant, je le retrouverai malheureusement plus d’une fois. C’est la loi impitoyable du tourisme dans ces pays en voie de développement, où le blanc représente une source de revenu facile et exploitable, quand bien même il faudrait pour les populations locales, perdre une partie de leur dignité.
Alors que notre expédition touche à sa fin, nous nous arrêtons à Lao Cai, dernière étape avant Hanoi. C’est dans cette bourgade sordide à la frontière de la Chine que nous prenons notre première cuite digne de ce nom à la « Saigon Beer », bière locale – bien qu’on soit dans la province d’Hanoi – dans laquelle je n’oserai certainement plus retremper mes lèvres.
Je n’ai jamais vu bled plus miteux. Face à la Chine, ce géant qui nargue le petit Vietnam avec ses magnifiques buildings surplombant le Mékong, Lao Cai se résume à de pauvres petites cahutes désordonnées de l’autre côté de la rive. Nous échouons donc dans un boui-boui où personne ne pourrait éprouver la quelconque envie de s’y arrêter, même le temps d’un café bu sur le pouce. Nous entraînons avec nous un petit groupe de Vietnamiens à trinquer avec nous. Ils nous considèrent avec étonnement, peu habitués à voir des blancs dans les parages. Puis nous chantons avec eux, les voix ne s’interrompant que pour vider d’un trait des verres bien remplis.
Le lendemain, nous taillons dès l’aube notre route dans la brume épaisse qui nous glace le corps. On ne voit pas à trois mètres et nous devons donc redoubler de prudence. Pendant plusieurs heures, nous roulons à vitesse très réduite, redoutant les pierres et les trous ainsi que les camions déboulant à vive allure dans les tournants. Puis nous arrivons enfin en vue d’Hanoi, cernés à nouveau par la circulation et le bruit. Nous quittons à regret nos fidèles Minsk qui ne nous auront pas déçues. C’en est fini de notre virée, mais elle nous laisse un des meilleurs souvenirs de ce voyage en terre asiatique. Cette fois-ci, nous sommes lancés dans le voyage et la seule chose qui nous motive, c’est continuer…
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